jeudi 14 août 2008

3888 km

Mon projet de road trip avec Pierre-Olivier est malheureusement tombé à l'eau, sa voiture est morte, il a du mal à réunir assez d'argent pour voyager...je suis donc partie seule pour l'ouest canadien. Dommage, je me réjouissais à l'idée d'avoir un compagnon de voyage, pour une fois. Ne pas être toujours seule à prendre les décisions, et juste rouler en regardant défiler le paysage...tant pis.

Du coup, j'ai décidé de ne pas trop traîner en route et de rejoindre directement les Rockies, dans l'Alberta, sans m'arrêter dans les immenses Prairies, monotones, qui couvrent une grande partie du territoire canadien, en Ontario, au Manitoba et au Saskatchewan. J'ai donc pris le Greyhound pour Banff, ville située près du parc national du même nom, considéré comme le plus beau du Canada.


3888 km, c'est la distance, à vol d'oiseau, entre Montréal et Banff. Oui, ça fait un sacré bout!
Je suis partie de Montréal lundi à 11h du matin, bien ravitaillée en bouquins, avec un épais ticket plié huit fois sur lui-même: Ottawa, North Bay, Sudbury, Thunder Bay, Winnipeg, Regina, Calgary, et finalement Banff. Selon mon horaire, je devais arriver le lendemain soir. Parfait.

A Ottawa, j'ai fait la connaissance de mon voisin, Dallas, originaire d'un bled perdu en Alberta (et n'ayant aucun rapport avec le Texas, malgré son prénom), qui s'en revenait chez lui et descendait à Calgary. Un drôle de look, lunettes à la Beatles fumées sur le nez et survêtement ouvert sur son torse, comme s'il était à la plage. Avec ça une belle peau brune et un air un peu stone, mais quand même moins stupide que sur la photo ci-dessous.

"You don't look like a Canadian", lui ai-je dit quand les présentations furent faites. "I'm a Native", qu'il m'a répondu. Oups, j'avais complètement oublié la minorité amérindienne qui vit encore dans le pays, habituée que j'étais au beaux blonds qui pullulent au Québec... Ouah, un Natif! un Indien! un membre des Premières Nations! (toutes ces appellations cohabitent et donnent lieu à des controverses sans fin). C'était le tout premier que je rencontrais, et ça n'est en fait pas étonnant étant donné qu'il n'en reste plus qu'1,3 millions dans tout le pays, sur un total de 32 mios d'habitants. En fait, il s'est avéré que Dallas ne possède qu'un quart de sang amérindien, ayant pour le reste des origines black américaine, allemande et irlandaise. Il m'a expliqué que malgré qu'il soit métissé, il possède officiellement le statut de "member of the First Nations", qui lui donne droit à quelques privilèges, comme l'accès gratuit à aux soins médicaux. Ces aides étatiques tentent de pallier à la misère de cette population, dans laquelle les taux de chômage et de mortalité sont plus importants que la moyenne du pays. Comme en Australie, comme aux Etats-Unis, les Amérindiens n'ont pas fini d'en baver...
Dallas n'est pas né dans une résèrve, et je suppose qu'il ne connaît pas grand chose à la culture de ses ancêtres, étant donné que son père est parti quand il était encore bébé; mais je m'en fiche, j'ai quand même rencontré un Indien.
Sacrément bavard, le mec, en tout cas, ce qui a beaucoup contribué à faire passer le temps. Dallas ne parle que l'américain (ou l'anglais canadien, ce qui pour moi revient exactement au même) et n'est, à ce que je sache, jamais sorti de son pays; cela explique peut-être pourquoi il me parlait exactement comme il l'aurait fait avec n'importe lequel de ses potes, c'est-à-dire sans du tout ralentir son débit et sans chercher à simplifier son langage ou à éviter les mots d'argot. Je ne lui ai pas demandé de ralentir, j'étais au contraire contente de pratiquer mon anglais de cette façon. Du coup, je devais me concentrer pour saisir l'intégralité de ses propos, surtout avec le bruit du bus, et certaines choses m'échappaient de temps en temps. Parfois, je ne pouvais m'empêcher de décrocher complètement et me contentais d'insérer judicieusement dans la conversation des "ooh, really? no waaay! that's amazing", et des petits hochements de tête, et ma foi ça marchait assez bien. J'ai quand même eu l'occasion de beaucoup parler, et je pense avoir plus progressé durant ces quelques jours de bus avec lui que depuis un bon bout de temps. J'ai pu également me rendre compte que le cliché étatsunien du type qui n'est jamais sorti de chez lui s'applique aussi au Canada anglophone. Dallas confond, évidemment, la Suisse et la Suède, n'a retenu que "bonjour, tou ey belle" de ses années de français et faisait sans arrêt référence à des éléments de culture américaine et canadienne que je ne pouvais pas connaître, ne semblant pas se rendre compte que les choses fonctionnent différemment chez nous. Et j'ai eu l'occasion de bien me foutre de sa gueule quand il m'a fait toucher la lisière de ses cheveux, juste avant le front: le mec se rase deux centimètres pour éviter de devenir chauve. Pardon? Oui, parce qu'on sait bien que quand on rase un poil il repousse encore plus dru, donc là c'est la même chose. Hum, non Dallas, c'est pas vraiment comme ça que ça marche, je suis désolée de te l'apprendre. Malgré son éducation lacunaire et une certaine ingénuité, c'est un esprit vif et joyeux, plein d'humour, une très agréable compagnie. Il m'a raconté ses mésaventures: comment il s'était fait jeter d'un Greyhound au milieu de nulle part parce qu'il s'y était saoulé, comment il s'est fait refouler à la frontière des USA parce qu'il avait été pincé auparavant pour possession de Marijuana (il pense qu'il n'a pas le droit de sortir des frontières du Canada à cause de ça, mais je lui ai conseillé de se renseigner, je trouve ça un peu louche), comment il a arrêté le LSD et les anphétamines... et tout ça toujours avec un grand sourire. M'a également appris à utiliser un nouveau mot, "eesh" (sais pas comment ça s'écrit), qui signifie "plus ou moins", ou "kind of": "Dallas, are you awake?" - "eesh".
Quand le moment est venu de me rouler en boule sur deux sièges pour dormir un peu, c'est en américain que je me parlais, entre veille et sommeil, et c'est en américain que j'ai rêvé cette nuit-là, ce qui ne m'était encore jamais arrivé, même à NY.

Quelque part sur la route, lors d'une halte...


Le lendemain après-midi, j'ai remarqué que les panneaux que nous crosions indiquaient encore et toujours que nous étions en Ontario. Hum, me suis-je dit, l'Ontario c'est bien loin de l'Alberta...je suis censée arriver ce soir à Banff, ce qui veut dire que nous devrions encore traverser deux provinces entières en quelques heures...? Renseignements pris, il s'est avéré que j'avais mal calculé mon coup, et que le bus n'arriverait à destination que le lendemain soir. Ah. Au final, c'était bien 60 heures que je devais passer sur la route! Gulp.
J'aurais évidemment pu m'arrêter quelque part au milieu des Prairies pour dormir, mais je ne voulais pas perdre de temps. J'ai donc pris mon courage à deux mains et suis restée dans le bus.
Ce fut long, mais j'avais Dallas pour la conversation et mes guides en français pour quand mon cerveau n'en pouvait plus de digérer tout cet américain. Le plus difficile ne fut en fait pas de devoir se contenter de quelques heures de sommeil léger roulée en boule, ni même de supporter l'ennui, mais bien de devoir ingurgiter, arrêt après arrêt, la même junk food. Poutine, burger, snickers, poutine, biscuits, burger, gâteau, chips, burger... J'avais bien emporté avec moi des fruits et des légumes...mais ai perdu le sac peu après le départ. Un cauchemar, vraiment, cette succession interminable de haltes dans des fast food, et mes fesses n'apprécient guère.

Hier, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus retirer d'argent avec ma (nouvelle) visa. Allons bon, quoi encore? Cette fois-ci il n'aurait dû y avoir aucun problème. Bon, je pouvais heureusement encore payer directement ma nourriture, sinon il aurait fallu faire la manche parmi les passagers du Greyhound...
Dans l'après-midi, le bus s'est arrêté dans une petite ville de la Saskatchewan, et je suis allée m'acheter un sandwich au subway. Ou du moins, j'ai essayé, mais aucune des deux visas ne passait plus. Gulp. C'est là que quelqu'un m'a averti que mon bus était parti sans moi, mais avec toutes mes affaires dedans, à l'exception du passeport et des cartes de crédit. Moment de panique... Heureusement, le bus suivant partait bientôt et allait aussi à Calgary. J'étais furieuse contre le chauffeur! A cause de mes emmerdes de carte de crédit, j'étais en retard de peut-être deux minutes, il aurait quand même pu m'attendre et compter correctement le nombre de personnes. Et Dallas aurait quand même pu se rendre compte que je n'étais pas là, bon sang! Et je n'ai même pas pu lui dire au revoir ni lui demander son adresse email, c'est con. J'ai expliqué ma situation à la dame de la station de bus, et elle a appelé Calgary pour leur dire qu'il fallait qu'ils sortent mon appareil photo, mes bouquins et mon sac à dos des compartiments au-dessus des sièges, et qu'ils les mettent de côté pour moi. Bon.
Arrivée à Calgary, quelques heures plus tard, on m'a fait courir dans tout le terminal pour trouver la personne responsable de la sécurité. Je voyais avec angoisse que le bus pour Banff allait partir dans peu de temps et que je risquais de le manquer. Quand j'ai enfin trouvé le bon type, il m'a dit qu'ils n'avaient rien reçu, ni coup de fil ni sac. Mais...mais...je fais quoi, moi, maintenant? Je songeais avec un léger vertige que je venais de perdre à la fois mon appareil photo, ma carte mémoire presque remplie et l'ordinateur sur lequel les copies des photos étaient stockées. Je n'ai heureusement pas eu le temps de bien prendre conscience de l'ampleur de ma perte, quelqu'un a appelé le gars pour lui dire qu'ils avaient mes affaire. Ouf!! J'ai juste eu le temps de sauter dans le bus pour Banff, soulagée. Lors d'une halte, j'ai pu constater que ma carte fonctionnait de nouveau, il devait donc s'agir d'un bug de visa. Pas très rassurant, en tout cas, et ça m'apprendra à avoir toujours du liquide sur moi, mais quel soulagement. C'est donc le sourire aux lèvres que j'ai pu apprécier la toute fin du voyage, dans un magnifique coucher de soleil au milieu des Montagnes Rocheuses, avec Emilie Clepper qui chantait, de manière totalement appropriée: "I've seen many of these Greyhound stations, when the sunset will be my destination...".
Malheureusement, lorsque je suis enfin arrivée à 20h30, épuisée, à Banff, il s'est avéré que mon grand sac à dos n'était pas dans la soute. Totalement désemparée, j'ai demandé au chauffeur ce que j'étais censée faire, et il m'a juste répondu qu'il était vraiment désolé, que ça arrivait quelques fois et que tout ce que je pouvais faire était d'attendre le prochain bus en provenance de l'est, à minuit et demi, dans l'espoir que mon sac aurait suivi, puisque j'y avais accroché une étiquette avec le nom de ma destination. Vraiment désolé, au revoir. C'est là que j'ai finalement fondu en larmes, et que je me suis autorisé un moment d'autoapitoiement. Ca faisait plus de 60 heures que je n'avais pas vu quelque chose qui ressemble de près ou de loin à un lit, j'avais déjà eu mon lot d'angoisses dans la journée et en plus ma propre odeur commençait sérieusement à me déranger, mais je ne pourrais pas me laver correctement le soir ni changer d'habits, et puis bon sang, si mon sac s'était vraiment perdu, pour de bon...l'étiquette avec mon nom avait beaucoup souffert de la pluie québécoise, on ne pourrait peut-être pas l'acheminer vers Banff, quelle horreur, je perdrais ainsi non seulement mes fringues mais surtout mon journal, rempli de ces 6 derniers mois de ma vie...pourquoi ne l'avais-je pas emporté dans mon petit sac à dos, avec moi dans le bus! Aaaah, si seulement j'avais un ami avec moi!*
J'en étais là de mes réflexions larmoyantes quand je me suis rendu compte que le bouquet d'arbres sous lequel je m'étais réfugiée regorgeait de moustiques qui étaient en train de me dévorer. J'ai donc séché mes larmes et suis partie composer le numéro des renseignements pour obtenir celui de Greyhound. Evidemment, à cette heure tout était fermé. Je me suis finalement acheminée vers mon auberge, ai emprunté un savon, me suis lavée sommairement et ai attendu l'heure du bus, totalement exténuée. Je suis retournée à la station et ai croisé une biche, qui broutait tranquilement un buisson près du terminal. Comme de bien entendu, j'ai attendu une heure dans le froid (le bus était en retard) strictement pour rien. Tout ça n'aura pas été en vain, puisque j'ai rencontré sur le chemin du retour, à 1h30 du matin, un couple de cerfs qui traversait la large avenue déserte juste devant moi. Pas pressés, pas inquiets, ils se câlinaient et ne se préoccupaient pas de ma présence. Totalement surréaliste, le bruit de leurs petits sabots résonnant sur l'asphalte dans la ville silencieuse... De quoi m'aider à simplement apprécier le lieu et le moment présent et à lâcher prise par rapport à mes soucis.
Ce matin, je suis retournée au terminal de bus, résignée, m'attendant à devoir rester à Banff plusieurs jours le temps que les recherches s'organisent... Mais non, mon sac était là! O joie! Tout est bien qui finit bien, donc. J'ai ainsi enfin pu profiter de la région sereinement aujourd'hui.

La ville elle-même est petite et n'offre que peu d'intérêt. C'est un endroit coquet mais sans âme, entièrement dédié au tourisme, et plutôt huppé. Les rues s'appellent Beaver, Bear, Rabbit, Otter, Lynx ou Caribou Street, et les boutiques de luxes succèdent aux magasins de location de skis. Car nous sommes à la montagne! Je ne crois pas que l'altitude soit très élevée ici, mais la ville est en tout cas entourée par plusieurs sommets des Rockies, et c'est magnifique. La faune est toute proche, en témoignent les bestioles que j'ai croisées en pleine ville, ainsi que les poubelles: toutes possèdent un lourd couvercle métallique, à l'épreuve des ours et autres indésirables. La ville est toute jeune, et c'est normal: je suis maintenant dans l'ouest, le far ouest, même, et les blancs ont mis beaucoup de temps à arriver ici après avoir développé leurs colonies de l'est. Banff a été fondée à la fin du XIXè s., quand trois types ont découvert des sources thermales. Ils ont construit un hôtel pour attirer la clientèle, qui pouvait désormais rallier l'ouest du pays grâce à la ligne de chemin de fer récemment construite. La région qui entoure ces sources a ensuite été la toute première du pays être déclarée zone protégée, en 1885; je me trouve donc dans le plus ancien parc national du Canada.

Petite balade le long de la Bow River, curieusement turquoise. Cette couleur a peut-être un rapport avec la présence les sources souffrées à proximité, ça ressemble en tout cas pas mal au Blue Lagoon, en Islande.

Spéciale dédicace pour Lydia...




*Les lettreux et ceux qui ont un peu écouté les profs de français au collège auront sans doute noté l'emploi, subtil et fort bien maîtrisé, du discours indirect libre... :D

dimanche 10 août 2008

Montréal bucolique

Rien de particulier à raconter aujourd'hui, petite balade dans Montréal, que j'aime décidément beaucoup. Je suis par contre en ce moment dans un trip photo, je mitraille sans cesse; voici donc quelques images que je trouve pas mal, et que certains auront sûrement du plaisir à voir et peut-être à commenter. Toutes vos critiques sont les bienvenues, j'aimerais progresser!

Le quartier dans lequel je passe ces deux jours est très joli, plein de maisons en brique ou en pierre de taille, avec systématiquement un escalier en fer forgé qui monte de la rue au niveau plus élevé auquel se trouve la porte d'entrée, et parfois aussi un délicat balcon dans le même esprit. Je suis sous le charme. Du coup j'ai passé plus d'une heure à mitrailler les escaliers des maisons de ma rue, l'estomac gargouillant comme jamais, alors que j'étais initialement sortie pour me trouver à manger. Du rarement vu...










Et la fontaine qui se trouve juste à côté du musée d'art contemporain, dans le quartier des spectacles. Ca, c'est un musée comme je les aime! Plein de trucs complètement étranges, que je n'ai malheureusement pas pu prendre en photo, et même un écran géant consacré à des clips musicaux d'artistes ou de réalisateurs Québécois, devant lequel je suis restée une heure.

Pour finir, voici ma plus intense rencontre de la journée, Mme Ecureuil. Je dis Madame parce que si vous cliquez pour agrandir la photo, vous pouvez voir que son ventre est couvert de tétines. Elle était avec ses potes dans un beau parc, cet après-midi, et nous avons discuté un peu. Enfin c'est moi qui parlais et elle m'écoutait, l'oreille dressée. Quand elle est en colère contre unautre écureuil, elle lui court après pour le chasser et ensuite fait vibrer sa queue, comme pour évacuer la nervosité. Quand je l'ai vue, j'ai immédiatement pensé à une de mes chattes, Minimoune, qui fait exactement la même chose. Autant dire que ma journée était faite!

vendredi 8 août 2008

New York, suite et fin

Ceux qui suivent régulièrement mes histoires auront peut-être remarqué que le message que j'avais posté il y a quelques jours a disparu... J'aimerais pouvoir pester contre Blogger, mais je dois admettre que c'est moi qui l'ai supprimé par erreur (et j'en connais que ça ne surprendra pas outre mesure...).
AAAAAAAARRRRRGH!!!! MAIS QUELLE COOOOOONNE!! ESPECE DE DEBIIIIIIILE! MEEEERDE, JE M'ETAIS VRAIMENT FAIT CHIER A L'ECRIRE, CE MESSAGE!!!
Hum voilà, il fallait que ça sorte. En fait, c'est quand même un peu de la faute de l'hébergeur, parce que quand j'ai voulu regarder où j'en étais de mes posts, il y avait indiqué "brouillon", et "message posté" pour deux messages intitulés "first steps"; je me suis donc dit que je pouvais supprimer celui appelé "brouillon", que ce devait être une version de ce que j'avais sauvegardé avant de poster. Apparemment ça n'était pas ça. Fuck, vraiment. Bon, je dois apprendre à lâcher prise, ça ira mieux dans 5 minutes...
Je ne vais pas refaire tout le machin, je remets juste quelques photos des premiers jours, en espérant que mes fidèles et assidus lecteurs auront eu le temps de prendre connaissances de mes trépidantes aventures...
N'oublez pas que vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir.







Bon, et voilà, en gros, la suite de mon séjour:
Je suis allée refaire un tour à Times Square, de nuit, je ne sais plus quand, et suis tombée, à la sortie du métro, sur un groupe de cuivres jouant dans la rue. Fantastique! Je me suis arrêtée pour écouter, et ai finalement acheté un de leurs CDs. Ils se nomment Hypnotic Brass Ensemble et viennent de Chicago; voici une petite vidéo si d'aventure votre curiosité se révélait plus puissante que votre flemme:
http://www.youtube.com/watch?v=VUl-aBv889M


Le mec à qui j'ai acheté le CD m'a proposé d'aller boire un verre, et j'aurais été assez tentée par une vraie immersion new yorkaise, avec un vrai euh...pas new yorkais, puisqu'il est de Chicago, mais bref, vous saisissez l'idée; mais il n'était hélas pas assez mignon, et je n'étais pas d'humeur à me faire draguer. Voici une photo d'un des membres du groupe, qui n'est pas celui à qui j'ai eu affaire:


Times Squares:


Le lendemain, j'ai pris mon courage à deux mains et suis partie explorer le Metropolitan Museum of Arts, MET pour les intimes, qui n'a d'équivalent dans le monde que le Louvre et le British en terme de richesse des collections. Bon. Je n'ai pas pris mon pied. Déjà, je suis arrivée passablement crevée d'avoir dû traverser Central Park à pied et en tongs, et de m'y être un peu perdu, et morte de chaleur. Ensuite, quand on m'eut délestée de la somme prohibitive de 20 dollars (ben non, je n'ai plus le tarif étudiant), je me suis à nouveau perdue, cette fois-ci dans le labyrinthe du musée. Le plan qu'ils distribuent n'est pas très détaillé, j'y suis donc allée au petit bonheur. Egypte ancienne, instruments de musique biscornus, une super expo temporaire sur les superhéros et la mode, sculpture grecque antique, armurerie médiévale, peintres américains du 19ème, salle Rembrant (ah! enfin un truc un peu intéressant), puis Picasso, les impressionnistes, Van Gogh, les pointillistes, Matisse (eeerk), Gaughin et ses Tahitiennes...tout ça dans le désordre vu qu'à ce stade j'en étais à déambuler comme une somnambule d'une salle à l'autre en cherchant les toilettes et/ou un endroit où me vautrer. Je suis passés trois fois par la salle Van Gogh, reconnaissant au passage quelques tableaux connus, et cherchant desespérément la "Nuit étoilée", histoire de pouvoir foutre le camp. En désespoir de cause, j'ai demandé le renseignement à une surveillante, qui m'a gentiment répondu qu'il se trouvait au MoMA. Où j'étais allée deux jours avant. Et où je n'avais pas vu ce tableau, le seul que j'aurais vraiment aimé voir. Je me suis donc frayé un chemin vers la sortie à coups de coude, me reperdant trois fois dans le département des vieilleries égyptiennes pour trouver une dernière fois les toilettes avant de me perdre à nouveau dans central Park pour rentrer à l'auberge. Ci-dessous, une photo d'une partie d'un tableau de Bastien-Lepage qui m'a frappée.



Et une jolie fontaine de Central Park au retour:

En tout cas, j'aurais mieux fait d'aller visiter le musée de l'Holocauste et Ellis Island, où arrivaient les immigrés...

Le soir, je suis allée me promener du côté de Greenwich village. C'est un quartier qui m'a beaucoup plu, je pourrais y vivre sans problème. Agréables zones résidentielles de bas immeubles en brique, dans lesquels il fait bon flâner. C'est d'ailleurs dans le coin qu'est censée vivre Carrie Bradshaw (Maman: héroïne de la cultissime série télé « Sex and the city »), et je suis allée voir l'entrée de son immeuble. Je ne pouvais pas non plus passer à côté de la Magnolia Bakery, juste à côté, qui a également été popularisée par la série (c'est le Routard qui le dit, moi je connais mal). Ils sont spécialisés dans les cupcakes, petits gâteaux genre cake, ronds, et recouverts d'une énorme couche de topping crémeux. Comme je ne savais aps quoi choisir, je me suis fait conseiller par le type qui régulait la file d'attente sur le troittoir, et suis finalement repartie avec deux cupcakes (chocolat et vanille) et un magic cookie, que je suis allée manger dans un parc. Ben ma foi c'est pas mal...mais sans plus. Au moment où j'allais partir, un type est arrivé en me demandant si j'étais allemande ou française. Presque! Il a semblé impressionné quand je lui ai révélé ma nationalité, et a déclaré qu'il voulait aller vivre en Suisse, et que pour cela ce serait bien que je l'épouse. J'ai répondu que ça n'était pas vraiment envisageable, mais il a quand même interpellé un de ses potes et lui a fait: « Hey, man, come here, we need a witness, we're gonna get married! ». Bon, il m'a ensuite plus sérieusement proposé de l'accompagner à une soirée reggae, trois heures plus tard. Il était vraiment beau et j'étais surtout curieuse de plonger dans une des nombreuses ambiances que propose NY, en l'occurence reggae-black-Greenwitch-jeune, et avec des gens du cru, je lui ai donc dit que je viendrais peut-être au rendez-vous à 23h. Entre temps, je suis retournée sur le pont de Brooklyn, histoire de prendre mon temps pour entrer en communion avec la ville et mon appareil photo. J'ai pris un énorme pied à prendre ces photos et à jouer avec les réglages, tout en suant dans la chaleur nocturne. Malheureusement, le pont vibrait sans cesse au passage des voitures, les photos sont donc un peu floues étant donné que j'ai la plupart du temps laissé l'obturateur ouvert entre 0'6 et 1s.






Et le même genre, version N/B, spécialement pour Marion qui adore à la fois NY et la photo N/B:Laquelle préférez-vous entre celle du haut et celle du bas?





Alors que l'heure de mon rendez-vous approchait, je ne savais toujours pas si je voulais y aller ou pas. J'avais envie de rentrer, mais j'étais curieuse, je me suis donc forcée. Sur le chemin, conversation sympa avec un employé du métro qui m'a indiqué ou descendre et s'est montré très impressionné par mon projet de voyage. Arrivée devant le parc, j'avais 10 minutes de retard et le mec mignon n'était pas en vue. Tant pis, je suis rentrée dormir. C'aurait pu être une expérience sympa.

Le lendemain, donc hier, j'ai décidé que je ne pouvais pas quitter NY sans avoir mis au moins une fois les pieds dans le Bronx. Ce quartier est tout de même une légende, symbole de pauvreté extrême et de violence, et je voulais voir de quoi il avait l'air. Le Routard précise que le Bronx essaie de sortir de son marasme depuis quelques année, et que l'on peut tout à fait aller y faire un tour de jour si l'on reste hors de ce qui ressemble à des cités. J'ai donc pris le métro direction le nord, et ai débarqué là-bas. Malheureusement, la ligne de métro que j'ai empruntée ne me permettait pas de descendre là où le guide me conseillait d'aller, dans une rue colorée et braillarde; j'ai donc décidé de marcher. Problème: j'avais perdu mon plan de la ville, j'y allais donc un peu au pif d'après une vague carte du métro sur laquelle les noms de rue n'étaient pas indiqués. J'ai tenté de trouver le sud d'après la position du soleil, et me suis retrouvée au nord de la ville. Raté. J'ai avisé une femme qui avait l'air sympa ( je n'osais bizarrement pas trop demander mon chemin aux grands blacks qui écoutaient du hip hop...) et lui ai demandé dans quelle direction était la rue que je cherchais. Vu l'épaisseur de son accent quand elle m'a répondu, j'ai rapidement switché sur l'espagnol. On a fait un bout de chemin ensemble, elle m'a dit qu'elle était Dominicaine et que j'étais courageuse de vouloir marcher au lieu de prendre le bus. Ah? Elle a continué tout du long à mélanger des mots d'anglais dans son espagnol, à passer d'une langue à l'autre. Peut-être est-ce une habitude dans le Bronx, mais je la soupçonne plutôt d'avoir pensé qu'il n'était pas possible qu'une blanche aux yeux bleus comprenne sa langue aussi bien que l'anglais. J'ai continué à marcher un bout, et ce que j'ai vu ne m'a pas semblé autrement effrayant; mais bon, je n'ai parcouru qu'un petit bout de ce qui est en fait un immense « borough ». Je n'ai jamasi trouvé la rue que je cherchais, en ai eu marre et ai fait demi-tour avant de me perdre complètement, non sans avoir eu le temps de noter qu'ici tout était affiché en espagnol en plus de l'anglais, et que les blacks et hispanos étaient plus nombreux qu'ailleurs. Ils semblent aussi être un peu plus mélangés que dans les autres boroughs, mais c'est difficile à dire en si peu de temps.

Au retour, je me suis arrêtée dans Midtown, quartier situé au milieu de Manhattan, comme son nom l'indique. Je cherchais l'atmosphère enfiévrée des romans de Brett Easton Ellis (American Psycho) et les cols blancs chics arpentant d'un pas pressé les longues avenues commerçantes, mais j'ai surtout vu une foule hétéroclites d'Américains, certes en costume, et de plein de touristes. Ce quartier, comme le Financial District au sud de l'île, est par contre un paradis pour photographes et amateurs d'architecture. La foule est par contre tellement dense qu'il est difficile de juste flâner le nez en l'air pour prendre des photos... En voici quand même quelques unes:














Ensuite, j'ai passé la soirée avec Rodrigo (alias Lutin Vengeur, pour ceux qui lisent les commentaires), le frère de Constansa, qui travaille actuellement à New York pour quelques mois. Il m'avait donné rendez-vous dans son quatier, Chelsea, sur un bateau amarré sur l'Hudson, et qui fait resto et bar. Un endroit très sympa, avec une très belle vue sur le New Jersey d'un côté tet NY de l'autre (enfin je crois). En fait, cet endroit m'a rappelé les bains des Pâquis by night, sur l'eau et entouré par les lumières de la ville, comme lorsque je vais au sauna l'hiver. Il ne manquait plus que la fondue au mousseux! A la place, j'ai eu droit à un burger-frites. Pas si mal, mais bon sang ce qu'il a fallu l'attendre! Cet endroit est apparemment très fréquenté certains soirs, et là c'était véritablement la cohue. D'abord, on fait la queue pour passer commande et payer, et on a intérêt à savoir rapidement ce que l'on veut, vu le rythme effréné du truc. L'employé nous remet – en tirant la gueule, évidemment – un ticket avec un numéro, et on n'a plus qu'à attendre patiemment que le préposé à la bouffe le hurle dans le micro. Rodrigo et moi avons d'abord patienté debout près du comptoir, essayant vainemtn de comprendre ce que gueulait l'employé, et lorgnant sur les plateaux. On a ensuite préféré aller s'asseoir et revenir vérifier de temps en temps, et Rodrigo a finalement trouvé sa salade niçoise (au thon cru!) parmi les frites. Ouf. Mon calvaire à moi n'était par contre pas fini. Les plats défilaient à une vitesse montre, et leurs numéros ne se suivaient pas, il fallait systématiquement vérifier le ticket sur le plateau, au milieu de la foule impatiente et affamée. Quand j'ai vu que les plats en étaient déjà à une centaine de numéros au-delà du mien, j'ai quand même commencé à m'inquiéter, et ai essayé d'interpeller un des deux préposés. Sans résultat. Le mec, une grande armoire à glace black, m'a regardée et fait comme s'il n'avait rien entendu, puis s'est retourné et a continué ce qu'il était en train de faire. Au début, je suis restée patiente, puis j'ai lancé quelques « hey! », qui n'ont pas eu grand effet. Je me suis ensuite tournée vers sa collègue, qui avait l'air légèrement plus avenante, et ai essayé de lui raconter mon histoire: « please, I think someone must have taken my meal by mistake... », mais cette p**** m'a tourné le dos avant même que j'aie pu finir ma phrase. J'ai donc fini par hausser le ton, tout en restant polie (je ne suis pas suisse pour rien): « Hey! Listen to me, please! ». Elle s'est enfin retournée, a fait « Yeah, ok! I'm listening to you! », comme si je faisais un caprice d'enfant gâtée. Je lui ai dit que je voulais juste un burger et des frites, simplement; elle a alors attrapé le premier machin qui lui tombait sous la main, l'a éclaffé sur une assiette et me l'a tendu. J'ai encore osé réclamer mes frites, et elle a chopé la première barquette qu'elle a pu trouver. C'étaient des frites au paprika, mais je n'ai quand même pas osé les lui faire changer. Ouf. La suite du repas fut nettement plus sympa, malgré la pluie torrentielle qui est survenue presque d'un coup, et le bar était plus accueillant quand les mangeurs ont eu fini leur bouffe et vidé les lieux.

Intéressante discussion avec Rodrigo, notamment sur les particularités américaines. Par exemple, j'ai été sidérée d'apprendre qu'aucune fenêtre ne peut être ouverte de plus de 10 cm dans les hauts étages des tours de NY. Lui qui vit au 31ème étage n'a donc pas le choix et doit mettre en route la clim, glaciale, s'il veut aérer. Pas terrible pour l'environnement, sans compter que personne n'éteint jamais son ordinateur le soir avant de quitter le boulot, et que toutes les lumières restent allumées la nuit. Une autre mentalité, vraiment...

Voici quelques photos que j'ai prises là-bas (sauf le portrait de moi, évidemment, qui est sous copyright Lutin Vengeur):









Ci-dessous, Rodrigo.



Ce matin, j'ai repris le car pour Montréal, et je me suis de nouveau fait emmerder - excusez le voc - à la douane. Le fort beau préposé Montréalais m'a demandé en détails ce que je comptais faire exactement comme voyage. "Mais vous alley rester combien de temps au Canada?" Euh...je ne sais pas, quelques semaines, aprés je repasse la frontière dans l'ouest. "Mais vous repartez d'où? de Buenos Aires? vous comptez y aller comment?" Ben...euh...en bus, en voiture...on verra... Je compte repousser la date du vol... "Et comment financez-vous ce voyage? d'où vient cet argent?que faites-vous comme travail?" Bon, il suffit de répondre honnêtement à toutes les questions, et de manière détaillée. Mais il m'a quand même dit que je ferais mieux d'avoir avec moi un relevé bancaire qui justifie mes avoirs la prochaine fois que je passe à une douane, histoire de ne pas avoir l'air trop hippie (enfin ça c'est mon interprétation).

Là, je suis donc enfin de retour dans ma ville-point-de-chute, mais dans une troisième auberge, dans le quartier assez chic du Mont-Royal. Après demain, j'embarque avec P.O. pour l'ouest sauvage. Si vous avez suivi attentivement, vous vous souvenez peut-être que j'avais rencontré cet avenant jeune artisan ébéniste Saganéen à Ste-Rose-du-Nord, dans le Saguenay, justement, il y a trois ou quatre semaines, et que nous avions prévu de faire un petit trip ensemble. Nous n'avions pas eu le temps de nous voir avant mon départ pour NY, le boulot qu'il avait à Montréal lui prenant plus de temps que prévu, et nous avions convenu de partir après la fin de son mandat; eh bien il m'a écrit l'autre jour qu'il avait tout plaqué, avait racheté la voiture de sa soeur et était disposé à simplement voyager vers l'ouest sans se poser de questions durant un petit moment. Je disposerai donc dès dimanche d'une voiture et d'un pote de road trip, youhou!

Allez, une dernière photo artistique pour conclure, d'une fontaine de Montréal (photo qui date en réalité d'il y a une semaine, mais on s'en fout):


samedi 2 août 2008

J'ai trouve l'antichambre des enfers, elle est juste sous NY...

Ouf, me voici enfin arrivee dans la grande pomme (et en plus je mange une pomme, hu hu hu).

Je suis partie ce matin de Montreal et ai embarque dans mon very first bus Greyhound. Ce fut treeees long, en partie parce que nous avons du nous arreter longtemps aux douanes et attendre que d'autres bus soient fouilles avant le notre. Nous avons ensuite ete pries de nous presenter avec passeport, etc devant les officiers. J'etais legerment stressee, mais j'ai passe le test! Le mec m'a pose plein de questions: d'ou je venais, ou j'allais, pour combien de temps, ce que j'allais foutre la bas, ou j'allais resider... J'ai joue la sincerite et dit que je revenais a Montreal dans une semaine, mais que j'allais revenir plus tard aux US du cote de la cote ouest, que j'avais un billet d'avion en octobre mais que j'allais probablement changer la date de retour. Il se tamponnait vraisemblablement de tout ce qui ne concernait pas mon sejour immediat, et m'a juste rappele que je ne pourrais pas rester plus de 3 mis sur le territoire. J'ai ensuite du remplir un petit formulaire d'exemption de visa, mettre mes doigts sur une machine qui releve les empreintes digitales, et enfin faire un sourire a la webcam qui me tirait le portrait. Bizarre, ma voisine canadienne n'a pas eu a faire tout ca...

Nous sommes repartis et avons encore roule de longues heures. On s'est retrouves dans les bouchons, chouette. Je suis finalement parvenue au terminus des bus vers 19h, apres 10h de trajet.

Mais mon calvaire n'etait pas fini, loin de la! Pauvre de moi, j'ai decouvert...le metro new yorkais!
J'ai deja eu l'occasion de tester par le passe les metros de Paris, Londres, Barcelone et Montreal, et je m'en suis toujours sortie avec une relative facilite. C'est en general tres bien indique, on sait ou on va, quelle rame prendre. Pas ici.

Depuis la station de bus, j'ai suivi les fleches "subway"; jusqu'ici, pas de probleme. La, j'ai pousse la porte et me suis retrouvee en pleine cohue. Il devait faire au moins 40 degres, tout le monde marchait dans tous les sens et je me suis tout de suite sentie paumee dans la foule. J'ai cherche des yeux des panneaux d'information, un plan du metro avec des lignes de couleur et des arrets...que dalle. Il y avait bien des panneaux, mais ce qu'ils indiquaient etait totalement abscons pour moi: "Upper side and Brooklyn, A,B,C,1,2,3,7,8,9", ce genre de choses. Bon, upper side, ok, je savais que je devais aller dans l'upper west side, donc vers le nord, bonne piste. Mais ou etions nous? Je ne trouvais pas la gare routiere dans mon routard, je ne savais donc pas ou je me situais par rapport a la ville. Et ici, on n'a pas le choix entre deux directions sur la meme voie, il faut decider avant d'entrer. Ok. First, get a ticket. Heureusement que mon bouquin expliquait ca... J'ai reussi a acheter un pass a la semaine grace a ma carte de credit. Bien. Mon sac pesait de plue en plus lourd, j'etais sur le point de tourner de l'oeil dans la chaleur, mais j'ai avise un bureau de tabac. Le gars, un Pakistanais, visiblement, n'acceptait pas les cartes de credit et je n'avais pas liquide, je n'ai donc pas pu lui acheter le plan du metro. Bien, bien. "I have to go in the upper west side, do you know which train I must catch?" La, il m'a repondu dans un anglais tellement incomprehensible que j'ai mis du temps a capter et ai du lui faire repeter. J'ai eu un flash et ai pense a Bouvier qui decrivait l'anglais des Cinghalais comme "passe a la friture", et me suis dit que c'etait exactement ca. Merci Nicolas. Le pauvre homme n'a pas du comprendre mon rire nerveux. J'ai en tout cas fini par comprendre que je devais prendre le metro 1, et c'est ce que j'ai fait, apres avoir deambule longuement dans les couloirs etouffants et puants. Petit etonnement a la vue de dizaines de pancartes remplies de citations bibliques, posees sur les cotes du couloir. Heureusement pour moi, il y avait enfin un plan sur le quai, et j'ai pu constater que j'etais au bon endroit. Ouf. Encore une vingtaine de minutes a tenir dans le wagon, minutes affreuses. Je pensais pourtant connaitre la diabolique combinaison metro + gros backpack + chaleur, Pablo et moi avions eu l'occasion d'experimenter ca lors du transfert a Londres en novembre dernier. Eh bien la c'etait encore pire. J'ai reussi a ne pas tourner de l'oeil, et ai profite du trajet pour examiner la faune locale, tout en suant: quelques hispanos bling bling, un mec qui vendait son journal pour vivre parce qu'il avait eu des emmerdes apres le 11 septembre, une vieille allumee qui parlait toute seule et des petites ados en short...short. Ok, me disais-je, tu es a New York. Rends-toi compte, New York. Ben oui, ma foi ca collait, le scenario etait credible.

Une fois dans la rue, une dame m'a indique mon chemin, et me voici debarquee dans la plus grande youth hostel des USA, qui dispose de plus de 600 lits. Je n'ai pas encore tout vu, mais c'est tres impersonnel, malheureusement. Il semble y avoir plein d'activites proposees, ca devrait donc ne pas etre trop deprimant. Mais en attendant, je repense avec nostalgie au Quebec et a toutes ces merveilleuses auberges que j'ai visitees...

vendredi 1 août 2008

On the road to NY

Je suis de retour à Montréal, pour cette nuit seulement, et je prends le bus pour New-York demain matin.
Alors que j'avais fait Montréal-Québec avec Allo Stop à l'aller, je me suis cette fois-ci débrouillée pour faire le trajet inverse sur le pouce. Quatre semaines seulement ont passé depuis, mais ma vision du voyage a déjà bien changé, puisque je n'hésite maintenant plus à me lancer sur la route sans savoir comment je vais parvenir au but ni si je vais avoir un lit pour le soir même. Evidemment, je suis au Québec, c'est facile; mais quand même, je suis contente d'avoir pu faire sauter quelques petites barrières mentales.
Je suis tombée, sous une pluie diluvienne, sur un des deux meilleurs lifts que j'aie eu jusqu'à maintenant - à égalité avec une joyeuse bergère gaspésienne qui avait vécu 6 mois en Islande, m'avait embarquée dans sa poubelle pleine de boue et de bordel, et avec qui j'avais causé assomage d'agneau malade et agriculture biologique. Là, j'ai eu l'occasion de faire découvrir à ce Québecois de Rimouski de la musique du Québec, un comble!
Je lui ai évidemment fait écouter le CD d'Emilie Clepper, dont je vous ai déjà parlé, et il a adoré. J'en rajoute une couche, parce que j'aime vraiment beaucoup ce qu'elle fait: voici le lien de la vidéo de sa prestation lors du 400ème de Québec, concert auquel je n'ai pas assisté.
http://www.youtube.com/watch?v=fj2GZ_iwqYs
J'aurais dû aller boire une bière avec elle hier soir, mais je n'ai pas réussi à la joindre...dommage, j'aurais beaucoup aimé la revoir.

Tout autre chose, Madame Moustache, groupe de Country que j'ai découvert dans le bus festif du Sea Shack:
Ce sont deux filles qui chantent en français en reprenant les codes de la country, mais de manière assez comique. Les québecophiles (je pense en particulier à Marion) devraient adorer, c'est truffé d'expressions du cru, écoutez notamment la tune ''Au nom du coutr(i)''.
Et enfin, le type et moi avons chanté ensemble sur ''Dégénérations'', la chanson culte du groupe non moins culte ''Mes aieux'', que j'avais vu en concert à Québec:
http://www.youtube.com/watch?v=aU1MfTr9m_c&feature=related

Très bonne ambiance dans la voiture, donc, et le mec (je ne sais même pas son nom) était content de m'avoir embarquée, parce que de rouler seul c'est quand même ben plate (ennuyeux, nul).
Je vous ai fait hier un petit topo des expressions québecoises, mais j'ai eu l'occasion de me rendre compte que j'en avais oublié pas mal. Ainsi, le classique ''c'est pas (si) pire'', qui veut dire ''c'est pas (si) mal'', et ''moins pire'' qui veut dire ''moins grave''. Ensuite, le joli ''pantoute'', que je ne suis pas sûre d'avoir bien compris; je crois qu'on dit ''j'aime pas ça pantoute'', pour dire ''pas du tout''. Il y a le très usité ''icitte'' au lieu de ''ici'', et ''toute'', que l'on prononce ainsi même au masculin, comme dans ''j'ai pris mes choses pis toute'', ou alors'' il y est allé toute seul'', ou encore le ''c'est correc'', qu'ils mettent à toutes les sauces: ''tu veux pas coucher avec moi, c'correc'', ou ''la musique était correc''. Au niveau de la prononciation, j'adore le ''y ont'' et ''y a'', au lieu de notre ''y'z'ont'' et ''il a''. Pour la grammaire, c'est sans conteste le pronom ''tu'' à toutes les sauces qui obtient la palme: ''tu veux-tu du café?'', ''y a-tu vu sa mère?'', ''c'est-tu possible de téléphoner?''. Dans le registre météo, je tripe sur ''fait frette'', et j'en suis venue à l'usiliser aussi. C'est par contre pas demain la veille que je pourrai dire '' c'est débile!'', en parlant d'un évènement fantastique, ou ''tes càboucles d'oreilles sont écoeurantes'', compliment que l'on m'a fait. De même, je ne maîtrise pas encore le ''...fait qu'(y avaient ben peur)'', équivalent à ''...du coup (ils avaient peur)''. J'ai également appris deux nouvelles variantes soft de ''tabarnac'': ''tabarouatte'', que mon conducteur utilisait beaucoup, et ''tabois'', que P.O., mon pote Sagueneen, a employé dans un mail qu'il m'a écrit. Et enfin une jolie variante de ''calice'': ''câline'', bien moins vulgaire, que l'on dit devant les enfants.
J'ai évidemment discuté Europe et accents avec mon chauffeur, et je me suis bien marrée quand il a imité à la perfection notre façon de parler: ''Bordel de merde, ou est-ce que j'ai parqué ma caisse?!! Fait chier!'' (désolée, je trouve pas l'accent grave sur le u). Il m'a ensuite appris à dire la même chose en québecois, ce qui donne à peu près: ''Chriss' de cââââlice, ou c'est-tu que j'ai garé l'chââr?!! C'â pô d'bon sens!''

J'aurais bien passé plus de temps icitte pour assimiler toute ça... Pas le temps, malheureusement, mais je repasserai quand même quelques jours dans la région, mon billet pour NY est en effet aller-retour. Ainsi, je pourrai voir P.O. et flâner une dernière fois en sa compagnie je ne sais ou au Québec, avant de prendre un bus pour l'ouest canadien, Vancouver probablement (et donc Whistler, youhou, MC!). Tout ceci me retarde, mais tant pis. J'essaierai malgré tout d'être en octobre au Mexique, pour voir Pab's et Joseph, et si je n'y arrive pas c'est pas grave.

Qui suis-je?

Ma photo
Genève, Genève, Switzerland