samedi 11 octobre 2008

Creel et Batopilas

Avant tout, voici deux photos avec Koko, t-shirt jaune, et Ulises, prises avant mon départ.

Je reviens donc de quelques jours passés dans la Barranca del Cobre, à quelques heures de Chihuahua.

Peu avant de partir, j'ai prévenu les garçons de Chihuahua, en consultant ma montre, qu'il me restait approximativement 2h10 avant de quitter la ville. « Tu me dis que tu perds tout, mais tu n'as pas encore perdu ta montre! » m'a fait remarquer Koko. «C'est elle que tu devrais perdre! » Je vais tout faire pour éviter de la perdre, ma jolie flik flak; mais il a sûrement un peu raison: je devrais apprendre à lâcher un peu prise et vivre à la mexicaine. Peu après, Koko m'a vue ajouter une goutte de désinfectant à l'eau du robinet dont je remplissais ma bouteille en vue du trajet en bus. Il s'en est étonné et m'a dit que je pouvais la boire telle quelle; je lui ai alors expliqué que les gentilles petites bactéries européennes dont mes entrailles étaient peuplées n'étaient pas acoutumées à l'eau d'ici, contrairement aux siennes. Il m'a alors rétorqué que je devais peut-être commencer à habituer mes intestins en les laissant coloniser par les bactéries du nord du Mexique, parce que ça allait devenir pire à mesure que j'allais descendre dans le sud; mieux valait m'accoutumer petit à petit plutôt que de succomber au moindre fruit plus tard. Il a raison! J'ai jeté l'eau désinfectée et ai rempli ma bouteille d'eau du robinet pure, non sans menacer Koko de mort si je devais me retrouver prise de diarrhée dans le bus sans toilettes. Lâcher prise, encore une fois. Bien sûr, je reste prudente; mais j'essaie, à petites doses, de me laissr porter par les évènements et de me vouer, réellement, au voyage.

Heureusemnet pour la vie de Koko et la propreté des sièges du bus, mes intestins se sont très bien portés, merci beaucoup. Je suis arrivée à Creel, sous une pluie torrentielle, 4 heures plus tard, et me suis fait escorter à l'auberge par un petit garçon visiblement en quête d'argent facile. J'ai hésité à lui donner quelques pièces, mais ai décidé qu'après tout l'auberge était à une minute à pied du terminal de bus...faut pas pousser. Pour moins de 10 frs, j'ai eu le droit à un large lit en dortoir, au souper et au déjeuner le lendemain matin. Au repas, j'ai revu les deux Kiwis – c'est comme ça que se nomment les Néozélandais – qui avaient passé quelques jours avec moi à Chihuahua et étaient partis un jour avant moi. A ma table se trouvaient également un groupe hétéroclite de voyageurs désirant visiter le canyon le lendemain. Plusieurs excursions étaient organisées, moyennement paiement, chaque jour, et certains ont mentionné une petite ville, Batopilas, lovée au fond du canyon, à plusieurs heures de voiture. Nous avions la possibilité d'afrêter un minibus pour nous y emmener et nous ramener à Creel le lendemain matin, mais nous devions être au minimum huit personnes. J'avais plutôt prévu de marcher un peu, et n'avaia ps tellement envie de me retaper plusieurs heures dans les transports, mais j'ai fini par me laisser gagner par l'enthousiasme collectif. Lâcher prise. Après une bonne heure de discussion, l'exursion était prévue pour le lendemain matin.

Nous avons quitté Creel jeudi matin dans la bonne humeur, malgré qu'on nous ait fait un peu attendre. Nous étions onze: le couple de Kiwis, trois Allemands, deux Anglais, deux Danoises, un Neuchâtelois et moi. Le voyage fut long, 5 heures, et un peu chiant, malgré la beauté des paysages. Il faut dire que j'étais très fatiguée et que le van roulait sur une route de terre absolument défoncée de toutes parts.



On croise plein de bestioles le long de la route, surtout des ânes et des vaches, ainsi que quelques chèvres.Ce bébé chevreau avait encore le cordon ombilical attaché au ventre.

Il y a aussi pas mal d'autels dédiés à la Vierge le long de la route.

A mesure que nous descendions, la chaleur se faisait plus intense; et quand nous sommes enfin arrivés en vue de la rivière – le Río Batopilas - , nous n'avions plus qu'une idée en tête: nous baigner. Notre joyeuse et impatiente équipée avait lancé un pari sur l'heure d'arrivée, et c'est la Team Danmark qui fait l'estimation la plus proche. Une fois sur place, nous sommes allés manger dans un petit resto totalement vide, puis nous avons enfin décidé dans quel hôtel nous voulions passer la nuit. J'a atterri avec les deux Danoises dans une chambre avec trois lits et une petite salle-de-bain, et nous nous sommes dirigés vers la rivière. Certains ont choisi de marcher 16 km en direction d'une ancienne cathédrale perdue au milieu de nulle part, mais j'ai choisi la baignade...bien plus tranquille. Notre petit groupe est sorti de la ville, qui consiste en une seule rue, et nous sommes descendus sur la berge caillouteuse du río. Depuis mon départ, je ne m'étais baignée que dans le lac glacial de Vancouver Island, si l'on exepte la piscine à Montréal. Cette eau-ci n'avait absolument rien à voir! Chaude juste ce qu'il fallait, mais agréablement rafraîchissante par cette touffeur, et avec un léger courant suffisamment puissant pour nous empêcher de nous endormir.

Nous avons barboté un bon moment, puis sommes sortis et nous sommes acheminés vers les ruines d'une hacienda minière toute proche. La lumière était très belle au soleil couchant.



La ville en elle-même est rustique, et l'on sent la présence du canyon tout autour d'elle. Nous nous sommes un peu promenés, et je me sentais un peu mal à l'aise de me déplacer ainsi en troupeau, avec l'appareil photo autout du cou. Nous avons été interpellés par un type sur le seuil d'une sorte de galerie d'art, et sommes entrés un peu malgré nous. Le mec est Allemand, il doit avoir la jeune cinquantaine et il vit à Batopilas depuis maintenant 10 ans, après avoir découvert la ville en touriste. 10 ans! La ville possède de jolis endroits, les gens y sont sans doute accueillants, mais enfin c'est un véritable trou. Peut-être est-il resté par amour... Sinon je ne comprends pas bien ce qui peut pousser un étranger à s'établir ici.


Le car-wash local... Et au fond, c'est un âne, couché sur la plage.

Sur un pont branlant.


Spéciale dédicace à Marion et Lydia! Sor Juana Inés de la Cruz est une poétesse Mexicaine illuminée et ultra, ultra chiante née au XVIIème siècle. D'accord, elle était précoce, savante et talentueuse, d'accord, elle a bravé les coutumes de l'époque qui voulaient qu'une femme soit sotte et ferme sa gueule, mais bon sang ce que j'ai détesté lire sa poésie! A vrai dire je crois que j'ai dû m'arrêter au deuxième (long) poème. Qui dit mieux, les filles?








"DIS NON aux drogues. Les drogues détruisent...!"


Au restaurant...tout un symbole.





La chaleur étouffante ainsi que les moustiques nous ont empêché de passer une nuit agréable. A peine le temps de faire quelques photos le lendemain matin, et nous étions repartis: la chaleur est telle dès que le soleil sort qu'on ne pouvait pas attendre. Le trajet du retour fut un peu moins ennuyeux que l'aller, étant donné que James, un Anglais, nous a proposé de jouer à un jeu, une sorte de trivial: chaque équipe devait poser une question à propos de son pays à chacune des autres. Parmi les questions auxquelles Vivien, le Neuch, et moi, avons su répondre: citez trois personnalités Néozélandaises et dites pourquoi elles sont connues (bon, moi je ne connaissais que Russel Crowe, mais Vivien a cartonné); quelque chose à propos des équipes de foot anglaises (...); et le reste est un peu flou dans mon esprit. Les anglais ont posé aux Kiwis une question à laquelle j'aurais su répondre les doigts dans le nez: quel écrivain français très connu a vécu à Guernsey (d'où est originaire un des Anglais) et Jersey? Ben oui, ce grand niais de Victor Hugo en exil! Comme quoi les études de Lettres servent quand même à épater la galerie dans un van rempli d'étrangers... Vivien et moi nous sommes mis d'accord sur quatre questions que nous pensions relativement faciles, et les avons sélectionnées en fonction des équipes. Les Allemands, très proches de nous, ont ainsi eu droit à: quel est le nom allemand ET français de la célèbre montagne en forme de toblerone? Malheureusement pour eux, ils ne connaissaient que son nom germanique. Pour les Néozélandais, qui vivent à l'autre bout de la planète, une question facile: quelle est la capitale de la Suisse? Euh...Genève...? C'était la seule ville qu'ils connaissaient. Pour les Danoises: quel est le nom du personnage mythologique qui a tiré à l'arbalette dans une pomme posée sur la tête de son fils? Elles ont trouvé, mais ne savaient pas que Guillaume Tell était Suisse... Et enfin, pour les Anglais: comment s'appelles nos provinces? On ne les nommes pas provinces, elles portent un autre nom... Ils n'ont pas trouvé. Lorsque toutes les questions eurent été posées à toutes les équipes, la Team Switzerland était en tête, à égalité avec la Team New Zealand. Les trois autres équipes nous ont donc posé une question chacune pour nous départager. Depuis combien d'années règne Elizabeth II? 56 ans, les deux équipes sont tombées pile poil. En quelle année la princesse Mary (?) du Danemark a-t-elle rencontré celui qui allait devenir son époux? Un peu au bol, Vivien et moi avons trouvé la date la plus proche: victoire de la Suisse, déclarée officiellement meilleur pays au monde! S'en est suivie une discussion sur les emblêmes de la Suisse: les couteaux, bien sûr, les montres, les banques, et puis le chocolat. « Le chocolat suisse est très bon, mais le chocolat Néozélandais est meilleur, simplement on est tellement loin que personne ne le sait », a objecté tout à fait sérieusement notre amie Carol, la Kiwi. Etranglement et indignation de la Team Switzerland: ça se saurait, quand même!! Le débat n'est pas clos, il me faudra donc aller faire un saut en Nouvelle-Zélande...

C'est de très bonne humeur que nous sommes finalement enfin arrivés à Creel. J'ai appris qu'une tuerie avait eu lieu là-bas en août. Apparemment, le maire a reçu un dessous-de-table et n'a pas honoré sa part du contrat... Toute sa famille a été tuée, on ne sait pas par qui. Sympathique.

"Bienvenue à Creel, terre de rencontre (c'est le slogan de la priôvince de Chihuahua)...avec la mort, la mafia et la corruption. Nous avons été massacrés le 16 août 2008".

Là, je n'ai eu que le temps de manger avant de reprendre, 2h plus tard, le bus pour Chihuahua, en compagnie de Vivien. Je comptais initialement rentrer seulement le lendemain, mais lui avait déjà passé quatre jours à Creel et avait réussi à obtenir la possibilité de visiter une mine de cristal près de Chihuahua. Bon, mais j'aurais tout à fait pu rentrer seule le lendemain, me direz vous; eh bien non, parce que Vivien attendait que je finisse « Shantaram », le pavé que je lisais depuis Vancouver Island, pour qu'il puisse, lui, enfin le lire. Il voyage depuis maintenant deux ans et a notamment passé six mois en Inde, et brûle de lire ce best seller, qui se passe à Bombay. Il avait déjà rencontré plusieurs personnes le lisant, mais elles étaient toujours au début ou au milieu du livre, et loin d'avoir terminé. J'étais donc une aubaine pour lui! J'ai finalement terminé le bouquin dans le bus qui nous ramenait à Chihuahua, et ai pu le lui donner. Ouf.

A la fin de cette épuisante journée de voyage, nous avons enfin débarqué chez les garçons, qui ont évidemment très bien accueilli Vivien. Petite discussion sur la Suisse autour d'une bière, et Ulises m'a demandé si je connaissais « Heidi, la niña de las montañas ». Ben oui, bien sûr. Et comment s'appelle son meilleur ami? Et son père? Euh...ben là je dois dire que je n'en sais foutrement rien. Lui il sait, le roman est très connu au Mexique. Il m'a ensuite expliqué qu'ici on surnomme Heidi les femmes à grosse poitrine, parce que leurs gros seins son comme des montagnes... « Heidi, la gamine des montagnes », cqfd. Je suppose que les sociologues seraient fascinés par cet intéressant détournement du patrimoine culturel! Moi en tout cas j'étais morte de rire.

Me voici en tout cas de retour à Chihuahua, et sans doute pour quelques jours. Ce soir a lieu l'anniversaire d'Ulises, ce qui signifie que je vais rencontrer plein de Mexicains ivres. Ca promet d'être intéressant. J'aimerais également prendre quelques jours pour digérer toutes les informations que j'ai reçues des voyageurs que j'ai rencontrés à Creel. Nous sommes maintenant officiellement en automne, et je crois de plus en plus de personnes qui sont en voyage, et non pas simplement là pour faire du tourisme...et il y a une différence. Déjà, nous sommes en général réellement sur la même longueur d'ondes; et ensuite, ils peuvent me parler en long et en large de pays qui m'attirent. Ainsi, j'ai pu poser, surtout, des questions sur l'Australie et sur l'Inde. J'ai expliqué que j'avais envie de passer une année en Islande, mais on m'en a dissuadé: je ferais mieux d'aller en Australie, il y a absolument tout dans ce pays. Il est facile d'y voyager, tout le monde est accueillant, etc, etc. Bon, mais j'ai quand même envie d'aller en Islande, moi... Et puis l'Inde est éprouvante, mais les femmes peuvent y voyager seules sans problème, et il n'y a aucun autre pays semblable sur cette Terre, il faut le voir une fois dans sa vie. Par contre c'est tellement grand qu'il faut plusieurs mois pour avoir une vue d'ensemble. Bon...cela voudrait donc dire que je partirais, disons, neuf mois en Islande, puis six mois en Inde, puis encore neuf mois en Australie? Bon sang, je n'avais pas l'intention de voyager trois ans quand je suis partie! Mais après tout, d'autres le font et le vivent très bien, donc pourquoi pas. Je sais bien que je dois d'abord songer à ce voyage-ci avant de me prendre la tête sur le futur, mais je pense aussi que je dois m'y préparer un minimum et laisser mariner tout ça dans un coin de mon esprit. En tout cas, s'il y a parmi vous des amateurs de kangourous, de batonnets d'encens ou de geysers, vous savez avec qui partir...


mardi 7 octobre 2008

Chihuahua

Pour je ne sais quelle raison, la date est encore fausse, nous sommes le mercredi 8 octobre.

Mes amis d'Albuquerque m'ont conduite, sous la pluie, au terminal de Greyhound et j'ai donc enfin réussi à monter dans un bus à destination de Chihuahua dans la nuit de samedi à dimanche. Mais heureusement que j'avais prévu large, le bus de 3h30 est arrivé à 2h10! C'était un bus mexicain de première classe, plus confortable que les Greyhounds, et j'étais la seule gringa. Nous avons passé la frontière à El Paso / Ciudad Juárez, mais aussitôt descendus nous pouvions remonter dans le bus, et personne n'a jeté un seul coup d'oeil à mon passeport! Du coup, je suis officiellement encore sur territoire américain, et je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose...il va falloir que je règle ça et obtienne le tampon des autorités. Dans la matinée, plusieurs marchands ambulants sont montés dans le bus. Un type vendait des sucreries, un autre des lunettes de soleil, et le troisième, très classe dans son costard, a débité son boniment pendant une bonne demi-heure pour tenter de nous vendre un livre d'automédication. Marrant.
En rouge, l'Etat de Chihuahua. La ville se situe dans le sud de l'Etat, mais je n'ai pas réussi à trouver de meilleur plan.

Quand je suis enfin arrivée à Chihuahua, j'ai téléphoné depuis la gare routière à Koko – Jorge, de son vrai nom -, mon hôte, pour qu'il vienne me chercher. J'ai commencé à lui décrire la manière dont j'étais habillée, pour qu'il me reconnaisse, mais il m'a interrompue: pas besoin d'une description, il saurait bien reconnaître la seule occidentale de tout le terminal! Il est arrivé et nous avons embarqué dans sa vieille coccinelle sentant l'essence, direction le centre ville. Koko vit en colocation avec deux amis, Ulises et Polo, dans un grand appartement proche du centre, et ils ont constamment des couchsurfeurs depuis un an et demi. En ce moment ils hébergent également un couple de Néozélandais dans la quarataine, très sympa. Koko m'a montré l'appart, donné les clés et est retourné travailler, me laissant explorer mon nouveau territoire.
En fin de journée, je suis allée faire un tour en ville. Sympa, sans plus. Je n'y ai pour le moment vu aucun touriste, en tout cas aucun occidental, et c'est plutôt tant mieux; mais du coup, j'attire un peu l'attention, et me suis fait escorter un bout par un petit quinca bavard et curieux.
Le soir, nous avons passé quelques heures à refaire le monde tous ensemble dans la cuisine, en anglais et en espagnol. Les garçons ont de nombreux amis qui passent simplement, sans prévenir, restent un moment pour boire une bière, puis s'en vont. Au début, mon espagnol était vraiment rouillé, les mots me venaient d'abord en anglais; puis, à force de pratique, je me suis un peu assouplie, et ça commence à me revenir. Je dois constamment alterner entre les deux langues, selon que je parle aux Mexicains ou aux Néozélandais, et je crois que c'est un bon exercice, qui m'aide à gagner en agilité. Ce soir-là, Koko m'a demandé quelle image j'avais des Mexicains avant d'arriver; et ma foi, je ne saurais trop dire... J'avais évidemment en tête leur type de physique, et je savais plus ou moins ce qu'is mangeaient, et aussi qu'ils sont très croyants comme le reste des populations latines, mais c'est à peu près tout. J'avais oublié le cliché du Mexicain voleur, surtout en vigueur aux US, et que Koko a illustré par cette blague: dans une voiture, il y a un Mexicain, un Guatemaltèque et un Portoricain; qui conduit? Réponse: la police.
Epuisée, j'ai finalement quitté la conversation vers 2h du matin, et me suis effondrée sur mon matelas, fort moelleux, au milieu du salon. Le luxe, comparé à l'appart de Destinee!

Le lendemain matin, Koko nous a emmenés, tous quatre tassés dans sa toute petite voiture, manger des burritos dans un petit bouiboui de rue. Bon, mais fort! Ils mettent des piments partout. Le soir, j'ai pris mon tout premier bus avec Ulises. Tout un folklore, ces bus! Les amortisseurs doivent être un accessoire de luxe, par ici, à en juger par les bonds que nous faisions sur nos sièges... Nous sommes descendus dans le quartier universitaire pour aller courir à la Deportiva. La Deportiva c'est, comme son nom l'indique, un centre sportif, entouré d'une boucle de 2km prévue pour les joggeurs. Ulises a parcouru deux tours en marchant, pendant que j'en courais trois. Je n'ai malheureusement pas pu prendre de photos - c'est pas terrible de courir avec un appareil, j'ai déjà essayé -, mais l'ambiance est vraiment bonne. De nombreuses personnes parcourent la boucle, toujours dans le même sens, et l'on passe au milieu de plusieurs stands hauts en couleur, proposant de la nourriture bien trop alléchante; et de place en place, de puissants haut-parleurs diffusent de la musique entraînante. De quoi motiver même les moins sportifs! Dommage qu'un tel lieu n'existe pas à Genève...

Après tout ce sport, nous avions faim, et Ulises m'a emmené manger un "elote", acheté de ses sous à un stand de rue. Il s'agit de grains de maïs baignant dans une sauce à base de crème, de fromage fondu et de citron...de quoi ruiner 45 minutes de course en dix fois moins de temps! Nous avons ensuite rejoint un couple de ses amis dans un bar rempli d'hommes hurlant devant un match de foot américain. Ulises m'a expliqué que le lieu où nous nous trouvions était en fait une ancienne "cantina", à différencier des bars qui peuvent fermer plus tard et ne servent pas de nourriture; et les cantina, m'a-t-il dit, étaient interdites aux femmes jusqu'à il y a seulement cinq ans! Encore maintenant, il est assez mal vu d'y mettre les pieds seule.
Sur le chemin du retour, j'ai eu droit à des explications détaillées sur les bâtiments que nous croisions, et à plusieurs légendes. Nous nous sommes arrêtés devant un magasin de robes de mariées, et Ulises m'a raconté la légende de Pascualita. On dit que le mannequin ci-dessous n'est pas un mannequin, mais le corps momifié d'une jeune fille, Pascualita, morte de douleur le jour de ses noces, parce que son fiancé l'a abandonnée. La mère de la fille aurait fait embaumer le corps et l'aurait vendu au magasin dans les années 30 et, depuis, on chuchote que parfois le mannequin change de robe tout seul la nuit et que des larmes coulent de ses yeux...
Des équipes de télévisions sont venues faire plusieurs reportages, et des analyses ont été faites sur le visage du mannequin, révélant qu'il s'agit de cire. Mais les gens continuent à croire à cette histoire, Ulises le premier. Il est vrai que le réalisme de ce visage est assez troublant. Elle semble triste et pensive, non?

Sur le chemin du retour, Ulises m'a également expliqué l'origine de son surnom, El Gusano, "Le ver". Au fond des bouteilles de mezcal, un alcool local à base de peyotl, se trouve en général un ver; je n'ai pas vraiment compris pourquoi, je crois que c'est une marque d'authenticité prouvant que l'alcool a été fait artisanalement. Quoi qu'il en soit, Ulises, quand il était plus jeune, buvait énormément...suffisamment pour qu'on l'associe à ce petit animal baignant dans l'alcool! Ce surnom est devenu universel, et il l'a conservé quand il a commencé à faire de la radio, il y a plusieurs années. Dorénavant, il présente l'émission la plus populaire d'une des chaînes les plus populaires de Chihuahua, tous les matins, et les Chihuahuenses connaissent tous sa voix comme étant celle du Gusano de la radio. Il reçoit des appels de filles qui le trouvent drôle et spirituel et désirent le rencontrer... "mais elles ne sont plus aussi enthousiastes quand elles me voient en chair et en os", a-t-il précisé, avec un petit rire un peu triste.

Le soir, j'ai également rencontré Polo, le troisième larron. Sa famille vit dans un village proche et produit de délicieux fromages, dont le frigo est rempli...miaaaaaam! On peut évidemment se servir quand on veut et de ce qu'on veut. "Mi casa es tu casa!"
Ce soir-là, Ulises m'a cuisiné un plat dont j'ai oublié le nom: des morceaux de tortillas trempées dans une sauce au chili et à la tomate, et frits à la poêle avec du fromage. En parlant de nourriture, je n'ai pas encore chopé de turista, bonne nouvelle! Les garçons ont des gouttes désinfectantes que j'utilise pour laver la salade et pour rendre potable l'eau du robinet. Eux la boivent telle quelle, m'assurant que les problèmes sanitaires se rencontrent essentiellement dans le sud...mais je n'ai pas trop envie de m'y risquer, avec mon système digestif exclusivement peuplé de bactéries européennes.

Après le repas, j'ai aidé Ulises avec son français. Il prend des cours depuis quelques temps - ce qui est rare, ici les cours de langues coûtent cher -, mais patauge complètement. Il faut dire qu'il est arrivé en cours d'année... Son cahier est rempli de phrases telles que: "Je suis désolé de vous avoir bousculé", mais il sait à peine comment se prononcent les sons. Nous avons donc repris les bases, les verbes avoir et être, j'aime le café, elle me plaît...etc. Oui, "plais" et "plaît" se prononcent de la même façon mais s'écfrivent différemment, et non, le son "ai" ne se prononce pas tout à fait comme dans "yo sé". Bon sang, ce que cette langue est difficile! Entre les lettres muettes, les sons exotiques et les conjugaisons fantaisistes, je me demande comment nous parvenons tous à la maîtriser si bien! Et de plus en plus, je suis contente d'être francophone. L'espagnol, c'est beau, l'anglais aussi...mais par contraste, le français m'apparaît de plus en plus comme étant ma langue, ma précieuse et magnifique langue.

Voici quelques photos. J'aimerais photographier les gens, mais je n'ose pas trop. Il y a en ville une faible proportions d'Indigènes, on reconnaît facilement les femmes à leurs multiples jupes colorées superposées les unes sur les autres. J'essaierai de les prendre en photo...



















Une des nombreuses inscriptions de couchsurfeurs qui couvrent les portes et les murs chez Koko, Ulises et Polo:


Les trois photos ci-dessous proviennent d'un monument artistique dédié aux femmes de Ciudad Juárez, au nord de l'Etat de Chihuahua, à la frontière avec les US. Vous en avez peut-être entendu parler: chaque année, des centaines de femmes sont battues à mort ou simplement froidement tuées. J'ai tenté d'en connaître la raison, mais n'ai reçu aucune réponse claire. Il semblerait qu'il s'agisse de violence conjugale, et quand j'ai demandé pourquoi la ville de Juárez était particulièrement touchée, on m'a répondu qu'il y avait là-bas de nombreux problèmes de drogues à cause de la pxoximité avec les Etats-Unis.


"Ni una más!" veut dire "pas une seule de plus!".


La coccinelle de Koko. J'en ai vu plusieurs en ville, ça a l'air d'être la mode, ici.La nourriture est bon marché, surtout pour moi, et les gens sont souvent assez gros. La torta à 5 pesos vaut environ 50 cts suisses, le repas complet hamburger-frites-coca vaut donc 2 frs.


Cet après-midi, je vais prendre le bus pour Creel, à 4 heures de Chihuahua. Il s'agit d'un village tranquille vivant essentiellement du tourisme, et pour cause: il est situé à proximité immédiate de la Barranca del Cobre, le Canyon du Cuivre. Je vais y passer deux jours, en auberge, et revenir à Chihuahua samedi pour fêter les 30 ans d'Ulises. Ca me fera remonter, alors que je me dirige globalement vers le sud, mais je m'en fiche, ça en vaut vraiment la peine. Ce lieu est tellement rempli de bonnes vibrations que je pourrais y passer des mois, à parler de voyage et d'amour des heures durant avec Koko, d'amitié, de famille, de coutumes et de croyances avec Ulises. J'ai rempli une page entière de mon cahier avec de nouveaux mots grâce à eux, et je ne compte pas m'arrêter là. Quelques exemples, juste pour le fun:

Un güey = un gars. Typiquement mexicain, et ils l'utilisent tout le temps.
Chido = cool. Pareil.
Un bofetón = un bleu...je me suis cognée deux fois à un coin de la table en verre de la cuisine.
Un picate = une piqûre. Je me fais bouffer par les moustiques.

Et plein d'autres souvent rigolos, mais je n'ai pas la liste sous les yeux.
Je me rends compte que je n'ai même pas de photos d'eux...ça sera pour la prochaine fois.

vendredi 3 octobre 2008

Albuquerque, encore...

La date est fausse, nous sommes le samedi 4 octobre.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, j'ai donc mis le réveil - qu'on m'a prêté, puisque j'ai évidemment perdu le mien - à 3h30, me suis levée et habillée en silence, ai fait mon sac, enlevé les draps du lit et ai laissé la clé de la chambre à côté du Bouddha rouge, comme on me l'avait demandé. J'ai marché 20 minutes jusqu'à la station de bus, et là, dès que je me suis acheminée vers le comptoir, j'ai tout de suite compris, au regard désolé de la nana - la même que la veille - que je n'attraperais pas mon bus, une fois de plus. Il était 4h05, le bus était censé partir à 4h40; ben oui, mais il n'avait aps voulu attendre. Vraiment désolée. Et moi donc. J'avais pourtant bien demandé au type, la veille, s'il était nécessaire que je vienne très en avance, et il m'avait répondu qu'une demi-heure suffisait... Je suis retournée à l'auberge - et allez, encore 20 minutes de marche avec tout mon barda, au moins ça fait fondre le nutella! Heureusement, je me souvenais du code pour entrer après minuit, alors même que je ne pensais jamais m'en servir. J'ai repris ma clé et les draps, ai remis ceux-ci sur le lit et ai repris mes rêves où je les avais laissés, un peu plus d'une heure auparavant.

Le lendemain matin, je me suis repointée au terminal pour parler à la manager et réclamer un rabais. Ca n'a malheureusement pas marché, tout ce qu'ils ont pu me proposer était un bon pour la bouffe dégueu du "restaurant" du terminal; mais ils m'ont donné un numéro que je peux appeler pour me plaindre... Evidemment, je n'ai absolument pas envie de courir après Greyhound, je ne donnerai donc pas suite.
J'ai passé la journée à glander et ai passé la soirée avec des gens, à l'auberge. Très bon feeling, très bonne soirée. Il paraît que j'ai un accent russe... J'avais prévu de partir à 2h pour le terminal, afin d'enfin prendre le bus de 3h10, mais les gens avec qui j'étais m'ont appris que le lendemain avait lieu le plus important évènement de l'année à Albuquerque: le festival de ballons! J'ai donc changé mes plans en 30 secondes et décidé de rester le lendemain.

A 16h, j'avais rendez-vous avec Barney, Min et Will, respectivement d'Australie, du Viet Nam et des US, pour aller au festival de montgolfières. Ils se sont pointés à moitié ivres et de fort joyeuse humeur, et nous avons longuement fini par manquer le train qui devait nous emmener là-bas. Alors que j'étais dans mon dortoir, Will est venu me trouver pour me faire les plus jolis compliments qu'on m'ait adressé dans ma courte vie. Il me tint à peu près ce langage*: "Nath, I...I...I love you... I have a really good feeling with you... You know how it feels when you eat very good chocolate? Well, when you say "thanks" I feel like I'm eating chocolate. And when you speak spanish, it's just magnifical! And your eyes are so kind... You know, you make me smile. Well, you don't make me smile, but it really makes me smile when you're around" Eh ben...dommage qu'il ne me plaise pas!

Nous avons fini dans un resto japonais au lieu d'aller voir les ballons; l'évènement a de toute façon été annulé pour cause de pluie. Ci-dessous, Hugh Grant. Euh...non, je me trompe, c'est Barney. J'aime tellement son accent australien que j'ai bien envie d'aller passer quelques mois en Australie...

Et lui, c'est Min, Vietnamien mais qui vit aux States depuis 7 ans. On l'appelle Maddox parce que je trouve qu'il ressemble au fils aîné d'angelina Jolie... Bon, oui, je sais, la photo esst floue...
Et lui, c'est juste le Red Buddha de l'auberge.
Je m'apprête à passer une dernière soirée ici, puis je vais cette fois-ci réellement attraper le bus de 3h du matin et passer au Mexique. Du moins, si tout se passe comme prévu...

*Oui oui, c'est La Fontaine.

jeudi 2 octobre 2008

Ca y est, c'est officiel, je HAIS Greyhound!

Le bus que je devais prendre pour Chihuahua partait à 20h30 de Flagstaff; je me suis donc présentée une heure avant au terminal de Greyhound. Ces endroits sont propres et bien éclairés, mais je ne m'y sens jamais à l'aise. Les terminaux de bus représentent une bonne partie de ce que je n'aime pas dans le voyage, et je m'y sens toujours inexplicablement sale. Dans celui-ci, il y avait plusieurs machines bruyantes alignées le long du mur, des jeux vidéo d'où provenaient des bruits de coup de feu tandis que trois très jeunes enfants jouaient à se tirer dessus, sous le regard morne de leurs parents mexicains. Un homme dormait, assis sur un banc, tandis qu'un autre était carrément vautré au milieu de la fille d'attente, parterre. Et nous attendions. Heureusement, j'avais mon bouquin pour passer le temps et m'évader de cette glauquitude; malheureusement, le passage que j'étais en train de lire était encore bien plus glauque que la réalité de ce terminal de Greyhound: le narrateur racontait comment il avait décroché de l'héroïne, en passant par deux semaines d'insupportables douleurs et angoisses. * Nous avons finalement embarqué dand le bus, contournant le type couché parterre, alors que des membres de la sécurité lui répétaient qu'il ne pouvait pas dormir là. Dans le bus, j'ai à nouveau ressenti cette impression de ne pas vraiment être à ma place; et les néons blafards, reflétant mon visage ennuyé sur la vitre totalement obscure ne contribuaient pas à rendre le lieu plus accueillant. Ce genre de lieu et de circonstance n'a aucun impact sur moi quand je voyage accompagnée: déjà à deux, on se crée sa bulle, confortablement remplie de la familiarité du langage de l'autre et de son aspect. Seule, je suis plus vulnérable. Ce soir-là, avec mon bouquin rempli de meurtres, de tortures et de peurs, dans cet environnement peu accueillant, je pouvais entrevoir, comme par une porte légèrement entr'ouverte, ce que la vie peut être: un long calvaire peuplé d'angoisse, de haine et de folie. Je suis bien dans ma peau, et j'ai la chance de vivre une vie confortable et facile; je peux ainsi facilement rester du bon côté de l'existence et éviter de regarder dans cet abîme que je refuse de sonder, même lorsque, solitaire, je croise le regard vide d'un junkie (ouais, c'est presque de la poésie, là!); il n'empêche, je me réjouissais d'être enfin à Chihuahua, dans l'appartement de ce Koko, couchsurfer que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam.

Dans le bus, j'ai eu une discussion intéressante avec un Jamaïcain qui avait vécu dans plusieurs pays d'Afrique et aux Etats-Unis, et qui a ouvert de grands yeux quand il a appris que je dormais généralement entourée d'inconnus et que ça ne me dérangeait pas. Maintenant il veut trouver un moyen de venir travailler en Suisse, mais j'ai essayé de le décourager en lui disant que c'était difficile et que je n'allais pas l'épouser. Après un bref somme contre la vitre d'un noir d'encre, nous sommes arrivés à Albuquerque, Nouveau-Mexique, où nous avons été priés de descendre le temps que...euh...finalement je ne sais même pas pourquoi on a dû descendre. Après une heure d'attente dans un autre glauquissime terminal de bus, j'ai tendu l'oreille lorsqu'une employée à appelé dans le micro un nom qui sonnait vaguement comme le mien, quelque chose comme « Nat'lie Veil is waited at the ticket desk ». C'était bien moi qu'on appelait. La nana, une Mexicaine, m'a dit que j'aurais dû étiqueter mon sac à dos, dans la soute, puis m'a informée que mon bus était parti. Quoi? Mais tous les autres passager étaient encore dans le hall... Oui, mais moi j'aurais dû changer de bus, c'est la compagnie Autobuses Americanos qui dessert les destinations mexicaines. Youpie. C'est gentil de m'avoir prévenue, hein. J'ai obtenu de pouvoir retourner dans le Greyhound pour prendre mes affaires, que j'avais évidemment laissées, et je suis retournée lui demander, abandonnant l'anglais pour switcher à l'espagnol, quand partait le bus suivant: à 13h le lendemain. Bon. Il était presque 5h du matin, j'avais faim et sommeil, et je me suis juré que je ferais dorénavant de plus petites étapes. Il est absolument hors de question que je me retape un long voyage en bus, surtout la nuit, si je peux l'éviter! J'ai songé à me trouver un motel pour dormir quelques heures...mais le rapport prix/sommeil était quand même trop élevé; je suis donc restée assise dans ce terminal, à lire à côté d'un type qui bâillait interminablement pendant que je tentais de rester éveillée. CNN diffusait en boucle, jusqu'à la nausée, les débats autour des présidentielles, et des distributeurs de gadgets peinturlurés de couleurs criardes clignotaient près du fast food: une bien sympathique dernière image des USA.

Heureusement, le matin n'a pas tardé à arriver, amenant avec lui un soleil accueillant et des idées un poil plus claires. J'ai décidé d'attendre jusqu'au bus de trois heures du matin qui, lui au moins, arriverait à Chihuahua vers midi et non pas en pleine nuit...je ne peux quand même pas débarquer chez mon hôte couchsurfer à 2h, ça ne se fait pas tellement. J'ai donc arpenté la ville à la recherche du visitor center, celui-ci étant fermé, j'ai demandé aux gens dans la rue où je pouvais trouver une auberge, et j'ai enfin débarqué à l'hostel "Route 66" situé, ben oui, sur mythique route 66. Bon, de ce côté-ci je suis un peu blasée, j'avais déjà roulé sur cette même route à Flagstaff, alors... L'auberge est heureusement très accueillante, et j'ai presque songé à y rester une nuit de plus. Mais ça suffit, je veux aller au Mexique, maintenant! Je vais donc devoir mettre le réveil pour attraper le bus de 3h10, cette nuit. Ou alors celui de 4h40...pour ce que ça change, hein...

J'ai quand même pris quelques photos.

Je suis aller zoner à l'aquarium- jardin botanique, histoire de m'occuper. C'est situé dans la vieille ville...qui a l'air tout aussi jeune que le reste d'Albuquerque. D'ailleurs, Albuquerque, pour votre culture, se prononce approximativement "Albakeurcoui", mais je n'ai pas réussi à le dire sans me ridiculiser.



De l'herbe de pampa, comme on en avait dans le jardin, à la route de Chancy (Elise, Anne-Marie et Sandra s'en souviennent peut-être). Séquence souvenir. C'est très beau, mais quand on secoue les plumeaux - ce que les petites filles adoooorent faire - ça fout des poils/plumes dans toute la maison - ce que les mamans n'apprécient que moyennement. Quand je serai grande, j'en aurai plein dans mon jardin.
Bon, et ça c'est une fontaine.


* Le bouquin, c'est « Shantaram », par Gregory David Roberts. Ce type, l'auteur, s'est évadé d'une prison australienne dans les années 80 et a atterri à Bombay, où il est tombé amoureux, a vécu dans un bidonville, a ouvert une clinique gratuite et a été enrôlé dans la mafia locale. Absolument passionnant, je vous conseille vivement de le lire – bon, il fait 950 pages, faut s'accrocher -, et en anglais si possible, ça en vaut la peine rien que parce qu'il est impossible de traduire l'anglais rigolo des Indiens.

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