Je suis donc arrivée il y a quelques jours à México City, ou Ciudad de México pour les hispanophones, et à laquelle les Mexicains font quant à eux tous référence sous l'appellation "DF", abréviation de Distrito Federal. Ici, je suis restée chez Paco et Arturo, deux potes de respectivement 37 et 30 ans, qui vivent ensemble depuis l'échec de leurs relations amoureuses respectives. Leur appart est immense et magnifique, le luxe total pour moi; malheureusement, ils travaillent tous deux toute la journée, c'est pourquoi je le les voyais que le soir. Du coup, ils ont insisté pour payer la note à chaque fois qu'ils m'ont emmenée au resto, "pour compenser notre absence". Une autre facette du couchsurfing, définitivement! Agréable, et ils sont très sympas; mais bon, j'ai eu du mal à ne pas m'emmerder, seule dans la ville, et durant les longues heures quotidiennes de bus et de métro.
Cette ville, parlons-en! Je ne l'ai pas encore beaucoup visitée, et je vais revenir pour voir tout ce que j'ai manqué, mais ce que je peux pour l'instant en dire, c'est: ma foi oui, c'est une grande ville, quoi. On m'avait dit: "Tu verras, les chilangos (surnom mi-affectueux, mi-méprisant des habitants de la ville) ont un accent totalement différent du nôtre": euh...vraiment? Je n'ai pas remarqué. On m'avait dit: "Tu vas adoreeeeeer!": ben non. On m'avait dit: "C'est opressant!": pas plus que dans n'importe quelle autre grande ville. On m'avait dit: "L'air est irrespirable et il pique les yeux": je n'ai rien remarqué de tel. On m'avait dit: "Le musée d'anthropologie est fantastique": ma foi...oui, bon, c'est un musée, en somme.
Le deuxième soir, Paco m'a emmenée au concert de Noël donné par l'un des orchestres de l'université de México, pour laquelle il travaille. L'un des orchestres? Comment ça, il y en a plusieurs? Ben oui. C'est que voyez-vous, l'Universidad Autonoma de México est grande, très grande: rien que le campus principal compte 250'000 étudiants. La taille de la ville de Genève, non? Nous sommes allés nous perdre dans le labyrinthe de la cité universitaire – qui, au passage, possède 13 lignes de sa propre compagnie de bus -, avons manqué shooter des dizaines de djeun's (oui, je peux me permettre de mépriser les étudiants depuis que je n'en fais plus partie!) et sommes arrivés à un complexe culturel assez impressionnant, composé d'un cinéma, d'une salle de concert et d'un musée d'art contemporain. Une fois dans le hall de la salle de concert, j'ai pu constater que les gens en jeans, basket et t-shirt clamant « music is life » étaient très peu nombreux, et que dominaient plutôt les escarpins et les costumes sombres des membres de la direction de l'université. Qu'importe, la musique c'est la vie, et elle est pour tout le monde, y compris et surtout pour les voyageuses crassepouilles, et quand on a un billet gratuit, on ne crache pas dessus. Le programme du concert était très varié, mais avec évidemment un thème commun: Noël. On a eu droit à plusieurs grands classiques américains, à « Casse-Noisette », à des classiques mexicains un peu trop allègres à mon goût et, o surprise, au « Cantique de Noël » d'Adolphe Adam, à « O Tannenbaum » en v.o., et avec un accent tout à fait passable. Là c'est bon, l'esprit de Noël m'a finalement rattrapée, malgré la chaleur qui règne durant la journée!
El Templo Mayor. Avant l'arrivée de Cortés, México s'appelait México-Tenochtitlán et était la capitale de l'empire mexica (prononcer à peu près "mechica"). Le templo mayor était le lieu le plus sacré de la ville. Evidemment, vous pensez bien que ces cons de conquistadores ont tout démoli! On peut visiter les ruines du temple, qui se trouvent juste à côté de la cathédrale et forment avec celle-ci un contraste assez saisissant. Sur cette photo, on voit les différentes strates: chaque empereur ajoutait une couche au temple, qui subissait chaque année des inondations majeures. La dernière couche a été ajoutée aux alentours de 1500, une vingtaine d'années avant que Cortés ne foute tout en l'air.
Au loin, la cathédrale.
Très christique, n'est-ce pas? C'est le couvercle de la poubelle.
Il y a un musée adjacent aux ruines. A propos, j'ai un difficile aveu à vous faire. Je profite de ce blog pour publiquement admettre que je...je...je n'aime pas les musées. Voilà, c'est dit. Je sais, c'est une honte, mais je m'y emmerde. Je n'aime pas lire les explications. Je ne suis pas foutue de retenir quoi que ce soit. Et sans mon appareil photo, je crois que je serais morte plusieurs fois d'ennui dans les musées depuis le début de ce voyage.
C'est bientôt Noël, mais j'ai du mal à m'en rendre compte, étant donné que je continue à me balader en t-shirt. Les décorations kitsch qui fleurissent un peu partout m'aident cependant à m'en souvenir... L'influence des Etats-Unis se fait sentir: c'est encore plus laid que chez nous.
Sur le Zócalo, LA place centrale de México. Le Zócalo, c'est là où tout se passe: on y trouve le Palacio National, où siège le Président, d'autres machins administratifs, et la Cathédrale; et juste derrière la cathédrale, les ruines du Templo Mayor.
Et dans cette chaleur, ils ont trouvé le moyen d'installer des rampes avec de la neige artificielle...
Au Palacio nacional.
J'y suis allée exprès pour voir les fameuses peintures murales de Diego Rivera...et j'ai découvert que non, je n'aime pas la peinture de Diego Rivera. Tant mieux, remarquez, je m'épargne ainsi la visite des dizaines d'autres lieux où il a peint.
Pour entrer au Palacio, il faut montrer patte blanche et faire passer les sacs dans une machine à rayons X. Je suppose que les objets ci-dessous ont été confisqués...
Sur certains trajets, on peut voir des publicités défiler sur les murs: avec la vitesse du métro, les images s'assemblent pour faire un effet cinéma.
Depuis le bus: à chaque arrêt son symbole. J'ai augmenté le contraste de ces photos.
Sur le paseo Reforma, proche du musée d'éthnographie.
"Vial", en espagnol, c'est l'adjectif qui va avec "vía", la voie; concrètement, cela fait généralement référence à la voirie, au service public des routes. Je m'amuse à traquer mon nom de famille partout!
Demain vendredi, je pars pour Xalapa, à l'est de México. Ensuite Veracruz, puis je reviendrai dans la capitale le 11.