mardi 16 décembre 2008

Deuxième rendez-vous manqué avec Mexico City

Après avoir dépensé beaucoup d'énergie pour y parvenir, je suis finalement de retour dans la capitale. Tout d'abord, il a fallu régler le problème du lieu où j'allais rester. J'avais la possibilité de retourner dans l'appartement luxueux de Paco et d'Arturo, mais j'y étais décidément très seule, et n'avais pas envie d'aller manger tous les soirs au resto avec eux. Kal, parti de Veracruz deux jours avant moi, ne savait pas, au moment de son départ, s'il pourrait rester chez Elisa ou chez David, deux de nos amis de San Miguel, qui sont en ce moment dans la capitale, ni s'il y avait aussi une place pour moi. Du coup j'ai préféré prendre les devants et contacter un nouveau couchsurfeur, Hugo, jeune mais pas trop, habitué au système, possédant un appartement sympa, ayant de nombreuses bonnes références, vivant avec un ami, César...et plutôt bel homme, ce qui ne gâche rien. Réponse positive. Or, à son arrivée il y a deux jours, Kal m'a écrit pour me dire qu'il était chez un ami de David et que je pouvais venir, pas de problème! Bon, chouette, mais moi j'avais déjà confirmé mon arrivée à mon hôte. J'ai annulé en m'excusant, me sentant mal à l'aise. Et voilà-t-y pas que je reçois un message de Kal le lendemain me disant que finalement je ne pourrais pas rester chez l'ami de David, que ça aurait joué la veille mais que là non, et que d'ailleurs lui-même devait quitter l'appart; pouvais-je contacter mon hôte pour voir s'il pouvait venir lui aussi...? Argh. Toute honteuse, j'ai donc dû renvoyer un nouveau message à Hugo, qui a heureusement accepté de me recevoir, ainsi que Kal. Oui, sauf que Kal, lui, était déjà en ville et avait besoin d'un endroit où poser son sac dès le matin, pouvais-je lui donner le numéro de téléphone d'Hugo? Bon sang, quelle sensation désagréable! On m'a éduquée pour ne pas déranger les autres et me montrer polie et respectueuse envers eux, pas pour profiter de leur générosité en changeant trois fois d'avis et en imposant quelqu'un d'autre. Enfin, au moins le problème s'était finalement réglé: Kal et moi savions où passer ces quelques jours; n'empêche que c'est dans ces moments que le voyage me pèse un peu et que je ressens la fatigue de ces déplacements constants.

Le 12 décembre, dans tout le Mexique se célèbre l'Escalade...euh! je veux dire le jour de la Vierge de Guadalupe, sainte patronne du pays. Des dizaines, voire des centaines de milliers de pélerins affluent vers la basilique de la vierge à Mexico ce jour là, et on m'avait dit que cette fête valait le déplacement; j'avais donc prévu de revenir ici pour assister à cette folie religieuse. Pas folle, j'avais calculé que si tous les fervents catholique du pays se donnaient rendez-vous dans la capitale, j'aurais du mal à arriver sans encombres, et qu'il me faudrait donc arriver plutôt le 11 dans la ville déjà congestionnée un jour odrinaire; sauf que ce qu'on ne m'avait pas dit, c'est que les festivités commencent déjà la veille au soir. Depuis le bus, j'ai commencé par voir des gens courir le long de la route, une torche à la main. Ah. D'accord. Une course locale...? Eh bien non, puisque ce phénomène un peu fou s'est répété tout au long du chemin. Perspicace, j'ai quand même fait le lien avec les célébrations en l'honneur de la vierge. Au bout de près de cinq heures de route, je suis enfin arrivée dans la capitale, de nuit. Ah, me suis-je dit, plus qu'une demi-heure et j'y suis! Eh bien non. Déjà, le trafic s'est avéré très, très dense; et surtout, des centaines et des centaines de personnes marchaient dans la rue, toutes dans la même direction, et au beau milieu de la route. Bon, là, je me suis dit que quelque chose clochait vraiment! Ce n'est que deux heures plus tard que j'ai finalement atteint le terminal de bus, dans un état de fatigue et d'exaspération difficilement supportable: deux heures d'embouteillages, c'est dur pour les nerfs. Pendant le trajet, je me suis rendu compte que le crédit telcel, pour mon natel...euh...mon telcel, plutôt, était épuisé. Déjà?? J'ai claqué 10 francs en 12 jours, rien que pour des messages et quelques appels? Eh ben, va falloir me contrôler. Résultat: pas moyen de joindre mon hôte. Quand j'ai pu recharger mon téléphone et lui écrire, il m'a répondu qu'il n'était pas à la maison, mais avait laissé la clé au gardien d'immeuble à mon intention; j'ai donc débarqué, ai donné mon nom, et ai reçu les clés du lieu. Etrange impression que celle que j'ai ressentie en ouvrant la porte de cet endroit totalement étranger, appartenant à une personne que je n'avais jamais vue auparavant et ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam! J'ai posé mes affaires dans un coin, près du sac de Kal, qui n'était pas là, et j'ai tâché de me faire toute petite en attendant que mon hôte rentre, sans même oser jeter un coup d'oeil à sa chambre à coucher. Sans le mot de passe de la connexion wifi à internet, j'étais même incapable de savoir si je me trouvais plutôt au nord ou au sud de la ville, près du centre ou non; mais enfin, l'endroit était cosy, et je m'y suis mise à l'aise: il faut dire que j'ai tout de même fini par développer, depuis presque six mois que je voyage, une aptitude fort pratique à me sentir chez moi n'importe où et en deux minutes. Je serais bien ressortie boire un verre avec Hugo, mon hôte, ou avec Kal et David, mais l'idée de devoir me trouver mon chemin dans des rues inconnues et de me perdre dans les dédales du métro m'a découragée, et je suis restée, seule, à la maison. J'ai poireauté jusqu'à deux heures, heure à laquelle Kal est finalement rentré, dans un état d'ébriété relativement avancé. J'avais très sommeil, mais n'osais pas me coucher d'autorité sur le canapé avec leurs couvertures sans y avoir été invitée, ça ne se fait pas! Quand mes hôtes sont enfin arrivés, à quatre heures, ils ont été très étonnés: bien sûr que j'aurais dû me coucher! Décidément, je suis encore trop Suisse. Toujours est-il que je me suis réveillée fatiguée le lendemain, et Kal n'en menait pas large après sa cuite de la veille. Après avoir végété un peu, nous sommes allés manger avec nos hôtes, puis Kal et moi avons mis le cap sur le centre. D'abord, un bus pendant une longue demi-heure, puis nous devions prendre un métro, puis un autre. Chouette, on irait visiter Bellas Artes et végéter dans un parc au soleil pour digérer. Oui. Sauf que la demi-heure que nous avons passée debouts dans le bus, ballotés par un chauffeur qui ne connaissait pas le freinage dégressif (ils sont nombreux dans ce cas ici) et cuisant dans la chaleur de cet après-midi de décembre (!) a suffit à nous faire perdre tout courage. "Let's come back home and sleep", a fait Kal, et nous sommes rentrés avant même d'avoir atteint le centre-ville, et sans avoir rien vu des célbrations en l'honneur de la vierge. Nos hôtes étaient partis à Acapulco pour le week-end en nous laissant l'appart, nous avons donc pu profiter pleinement de la tranquilité du lieu.

Le lendemain, toujours aussi fatigués, nous avons cherché une laverie et avons été gentiment escortés à l'arrière d'une voiture de flics. Sièges en métal et grille de séparation entre l'avant et l'arrière, mais sympathiques. Puis rebelotte: allons au centre-ville! J'étais en jupe et en bottes, pour la bonne et simple raison que toutes mes autres fringues étaient à laver jusqu'au lendemain. Grave erreur, j'aurais mieux fait de rester à la maison! Je n'ai pas compté le nombre de regards graveleux et de "hey guapita, güerita!". Quand Kal et moi avons enfin atteint le métro, je me suis carrément fait peloter les fesses par un tout petit Mexicain. Je me suis retournée juste à temps pour le voir disparaître en disant: "Viva México!" Putain de pays, putain de mentalité de machos. Je suis arrivée crevée au Zócalo, la place principale. Kal et moi avions de grands projets pour cet après-midi-là, mais nous avons juste eu le courage de chercher des fils à bracelets et nous sommes rentrés, une fois de plus. Alors que je errais telle un zombie sur le bord du Zócalo, une fille m'a soudain interpelée en anglais: Destinee! Mais oui, Destinee de Vancouver, ma toute première hôte, Destinee, la tarée qui hébergeait une vingtaine de personnes chaque nuit! je savais qu'elle était au Mexique, où elle veut revenir vivre et ouvrir un nouvel "hostel", et avais prévu de la voir, mais nous ne nous étions donné aucun rendez-vous. Incroyable que nous nous soyeons ainsi rencontrées au milieu d0une des villes les plus peuplées au monde! Nous n'avions pas le temps d'aller boire un verre, mais nous sommes promis de nous voir en janvier. Une amie de plus au Mexique...j'aurai vraiment du mal à quitter le pays quand le moment sera venu.

Trop fatigués pour songer à visiter plus, Kal et moi sommes ensuite rentrés, une fois de plus.


Je crois que c'est la première fois que je fais vraiment du couchsurfing...mon tout premier canapé!


Le soir, nous avons quand même accueilli Elisa, notre amie de San Miguel, pour un dîner...à base de suchis tout prêts, car nous avions bien évidemment la flemme de cuisiner.

L'instruction de la photographe était: "Try to look bored!", mais Kal n'a visiblement pas la même conception de l'ennui qu'Elisa et moi. Nous faisions semblant de participer à un chiantissime repas coréen. N'allez pas en Corée, les gens y sont coincés, dixit Kal. Et oui, je sais, ils sont bleus...mauvais réglages de l'appareil photo, sorry.

Le lendemain, nous avons carrément décidé de ne pas dépenser d'énergie pour rien, et nous sommes contentés d'aller rechercher notre lessive en nous perdant dans les rues de notre quartier, colonisé pour l'occasion par un marché dominical haut en couleur...et je n'avais évidemment pas emporté mon appareil photo.

Le soir, nous avons trouvé l'énergie de nous déplacer chez des amis de David, que nous avions également rencontré à San Miguel.
Là, j'ai rencontré un passionné de littérature qui, quand il a appris que j'étais Genevoise, m'a fait: "Aaah, Genève, quelle ville magnifique! Tu as lu Cohen? Il est fantastique!!" Bon, c'est le deuxième Mexicain que je rencontre qui connaît mieux que moi les écrivains de mon terroir et me conseille de lire "Belle du Seigneur", ça ne peut plus durer!! Il a continué à me faire honte en évoquant la gemellité de Genève avec Buenos Aires, grâce à Borges et Cortázar - que je n'ai fait que survoler à l'uni-, et en me disant que j'avais une chance énorme de pouvoir lire Rimbaud, Verlaine et Baudelaire en français. D'accord, d'accord, j'ai compris, je ferai honneur à Genève et lirai Cohen dès que j'en aurai l'occasion! Le problème, c'est qu'il va m'être difficile de dénicher ce bouquin en français par ici...donc si l'un d'entre vous voulait bien se dévouer pour me l'amener? Aujourd'hui lundi, j'ai enfin trouvé l'énergie de passer un peu de temps au centre ville et, surtout, d'en apprécier l'énergie. Un inconnu m'a abordé dans la rue et, d'abord réticente, j'ai fini par me dérider et accepter qu'il m'accompagne un bout. Sergio, de son nom (à ne pas confondre avec celui d'Aguascalientes) est né au DF et connaît très bien son bout de quartier; il a donc pu me guider jusqu'à un magasin de guitares, où j'ai pu acheter un jeu de cordes et un capo. Nous sommes ensuite allés manger une tortilla, et il m'a raconté un bout de sa vie: une fille en France, une ex suisse, ses parents à Veracruz. Tout de suite, son accent m'a paru étrange: nasillard, heurté, pour tout dire pas très agréable. Bon, me suis-je dit, il a des traits typiquement indigènes, peut-être est-ce pour cela...? Puis ça a fait tilt: mais non, son accent c'est simplement le fameux accent chilango dont on m'a tant parlé!! J'entendais encore mes amis des quatre coins du pays l'imiter. Et moi qui croyais qu'ils exagéraient! En Sergio, j'ai donc rencontré mon premier "vrai" chilango, youhouhou! Je saurai enfin de quoi les gens parlent quand ils se réfèrent à la manière de parler des habitants du DF. Quand il a appris que j'allais passer Noël à Chihuahua, Sergio s'est écrié que j'allais avoir très froid (décidément, je commence vraiment à avoir peur), que les hommes y étaient certes très grands, mais moches et machos: les aimais-je vraiment ainsi? Euh...machos, non, mais je n'ai pas remarqué qu'ils l'étaient. Quant au reste...bon...no comment. Nous nous sommes séparés dans un sourire, et c'est d'un pas allègre que je me suis finalement dirigée vers l'entrée du métro. J'avais enfin pu profiter de mon dernier jour dans la capitale, et rentrais à la maison avec l'impression d'avoir été guidée par le génie des lieux en personne.


Au loin, le Zócalo et son sapin kitsch, que vous connaissez déjà. Et bon, j'ai pris peu de photos, je ne suis pas très inspirée, en ce moment.

N'empêche qu'entre Mexico City et moi, le mariage n'a toujours pas été correctement consommé et j'aurai à peine pu glisser une main timide sous la jupe de la ville*, si vous me pardonnez cette métaphore foireuse. Je reviendrai, je n'ai pas dit mon dernier mot!

Le soir, nous avons enfin pu faire correctement connaissance avec nos hôtes, après être restés plusieurs jours tous seuls dans leur appartement. Drôle de couchsurfing, en tout cas! Nous avons apprécié de pouvoir profiter d'avoir un appartement pour nous tous seuls, mais aurions aimer passer plus de temps avec Hugo et César, que nous apprécions vraiment. Il sera toujours temps pour moi de venir passer un week-end ici en janvier!

Les voici, crevés après une journée de travail. Ils sont ingénieurs et "work for the Devil", comme ils disent: Shell est leur employeur. Bleus eux aussi, à cause de leurs ampoules spéciales dont je n'ai pas su interpréter correctement le type de luminosité.
Cette photo est un assez bon symbole de notre séjour ici: nous étions aussi mous que ce sapin de pacotille, situé dans le hall d'entrée de notre immeuble, et l'esprit de Noël se fait attendre...


Et enfin, finissons en beauté avec de l'art à l'état pur! Et là le bleu est voulu.
La métaphore, vous l'interprétez comme vous voulez; tout ce que je peux vous dire, c'est que ces bonbons sont délicieux.



*Non, Maman, je ne suis pas lesbienne; simplement, "ville" est un mot féminin, je n'y peux rien!

mercredi 10 décembre 2008

Veracruz: chaleur et tattoos

J'ai quitté Xalapa en jeans, bottes et veste: grave erreur! Aussitôt descendue du bus, j'ai compris ma douleur: Veracruz est une ville chaude. Vraiment chaude. Et hop, vas-y que je fouille au fond du sac pour exhumer mes sandales, shorts et petits hauts froissés!

Kal est venu m'accueillir à la centrale de bus, en compagnie de Rodrigo, son hôte, et d'Erick, un autre couchsurfeur. J'étais contente d'avoir quitté Xalapa, contente d'être dans une ville chaude du bord de mer, contente de revoir Kal, contente de rencontrer ces types bien sympas.
Après avoir laissé mes affaires à l'appart, nous sommes ressortis et sommes allés marcher sur la plage...et j'avais négligé d'emporter avec moi mon appareil photo, pensant que nous allions simplement manger. Quelle frustration! Je voyais littéralement plein de photos, mais ne pouvais pas les prendre; c'est là que je me suis rendu compte que j'étais peut-être un peu accro à la photo...drôle d'addiction, mais pas trop nocive, au moins.

Ci-dessous, Faraón, le chaton de Rodrigo, que j'ai quant à moi renommé Huevitos, en référence à sa mignonne et imposante paire de testicules. J'avais presque oublié quel enchantement c'est que de vivre avec un félin, et combien la combinaison chat curieux + nutella + laptop ouvert est chiante.


Rodrigo est tatoueur, et Kal, pour je ne sais quel raison, a décidé de lui confier son dos. Il avait ce tatouage en tête depuis cinq ans.

Tous les espaces vont être remplis d'encre noire...il y en a pour encore une bonne vingtaine d'heures, au bas mot. Kal pensait pouvoir supporter deux ou trois jours de travail intensif, mais la douleur fut plus forte, et il a abandonné. En janvier, il retournera passer deux semaines en compagnie de Rodrigo pour terminer le tattoo.

Kal, Rodrigo, Victor et Erick, sur le thème: "Le mien, il est plus gros que le tien, d'abord!" Je me suis sentie un peu minable avec mes deux tout petits tatouages couleur chair.


A l'arrière-plan, vous noterez la crasse. L'appartement de Rodrigo est très sale, et il tatoue sur la table du salon. Bon, ok, les aiguilles sont toujours neuves, et les tubes de la machine régulièrement stérilisés...mais enfin...j'espère que Kal ne va pas se retrouver avec une infection.
La douleur.
Mardi, j'ai fait la connaissance d'un Lausannois d'environ 75 ans, dont je n'ai pas retenu le nom. Monsieur vit depuis une vingtaine d'années au Mexique et a longtemps travaillé pour la famille de Victor; marrant, normalement c'est plutôt les Mexicains qui travaillent pour les Suisses, chez nous... Il sentait un peu trop l'alcool à mon goût, mais sympa, le bonhomme. Il n'a jamais appris l'espagnol, et se fait comprendre dans une espèce de sabir étrange. Même avec moi, il mélangeait les deux langues, ce qui donnait littéralement ceci: "Je suis venu vivre au Mexico quand je me suis divorciado, ça fait maintenant vingt-deux años..." Bon sang, j'espère ne pas finir par parler le français comme lui! Son accent vaudois m'a en tout cas semblé très fort, et ma propre voix me sonnait très, très genevoise. Drôle d'expérience.

Voici encore quelques photos.
Rodrigo et le jeu de jenga auquel nous avons joué dans un bar.


Victor, avec qui Rodrigo va bientôt emménager à San Francisco. Victor a passé au travers d'une vitre il y a trois ans, alors qu'il faisait le con en sautant sur le toit de sa maison. Résultat: un poumon éclaté et diverses blessures, plutôt graves. Dans le coma, il a été déclaré cliniquement mort durant plusieurs minutes. Il n'a pas vu de lumière, mais s'est retrouvé propulsé avec son groupe préféré, Mötley Crue, dans une tournée des moments agréables de sa vie, tandis qu'un indicateur oscillait constamment entre: vivra, vivra pas, vivra, vivra pas. Après s'être vu d'en-dessus de son lit, il a finalement été déclaré vivant quand son coeur est reparti. "Un buen viajezote", "un sacré trip". Evidemment, ça a changé beaucoup de choses dans sa vie, et il a noramment arrêté toute drogue depuis lors.
Huevitos dans les bras de son maître.

J'ai passé de bons moments à Veracruz, et m'entends bien avec les mecs; mais ça n'a pas fait autant tilt qu'à Chihuahua, San Miguel, Zacatecas et Aguascalientes; du coup je m'en vais et retourne passer une semaines au DF.

lundi 8 décembre 2008

Xalapa

Je viens de passer deux jours à Xalapa – que l'on orthographie également parfois Jalapa - , capitale de l'état de Veracruz.

Avant tout, voici quelques photos que j'ai prises dans le bus. Il y avait de l'eau entre les deux couches de ma fenêtre, que les mouvements du bus affectaient de manière parfois spectaculaire. J'ai passé de longues minutes à en guetter les clapotis, l'appareil collé contre l'oeil, et finalement je suis assez déçue du résultat. Et j'aurais eu besoin d'un programme type photosjop pour basculer la ligne d'horizon et ajouter des couleurs...



Pourquoi Xalapa? Pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'état de Veracruz n'est pas très loin du DF; ensuite, Carlos et Nasul, mes amis de Zacatecas, sont originaire de cette ville et m'ont dit et répété que je devais aller y faire un tour; et enfin, Kal vient lui aussi d'y passer quelques jours et m'a recommandé de venir par ici. Mon hôtesse, Pamela (à ne pas confondre avec la Pamela d'Aguascalientes), vit dans une maison à la campagne, dans un petit village à une quinzaine de minutes de Xalapa; je l'ai choisie parce que j'avais envie d'un peu de nature et, bon, aussi parce que Kal, qui est passé par sa maison il y a quelques jours, m'avait dit: « I don't understand.... I think I offended my host, she really seems to dislike me, but I don't know what I did wrong... ». Etrange. Cette fille n'a pourtant que des recommendations positives sur sa page de couchsurfing, et Kal aussi; qu'est-ce qui avait cloché? Je voulais en avoir le coeur net. Résultat: dès le début, je me suis quant à moi bien entendue avec Pamela; malgré tout, j'ai pu sentir en elle quelques aspérités, et ce que m'en a dit Kal ne m'a donc pas tellement étonnée. J'ai tenté d'investiguer discrètement: avait-elle eu de mauvaises expériences de couchsurfing? Oui, mais elle ne m'a pas parlé de Kal. J'ai finalement amené le sujet sur le tapis, et elle m'a juste dit qu'elle et lui ne s'étaient pas entendus. Eh bien oui, ça arrive, tout n'est pas rose bisounours dans le petit monde du couchsurfing! Avec moi, elle a été une hôte très attentionnée, mais d'après ce que Kal m'en a dit, elle s'est montrée plus que froide avec lui, presque impolie parfois. Quoi qu'il en soit,Pamela s'est apparemment sentie en confiance avec moi, puisqu'elle m'a raconté pas mal de choses, notamment le voyage qu'elle a fait en Europe l'année dernière. Elle y a passé un an et n'est de retour que depuis quelques mois. Elle a commencé par la Suisse et a atterri comme au pair dans une famille qui vit près d'Allaman. Diable! Mais c'était pas un peu perdu...? Oui, en effet, m'a-t-elle répondu: l'occupation la plus palpitante était la visite de la coop géante du coin... Pamela m'a raconté qu'elle avait été déçue par la famille qui l'avait hébergée: leurs gamins, qui faisaient du judo, étaient tenus de suivre un régime strict: pas de chocolat au menu! De plus, ces gens étaient sales, ec qui ne cadrait pas tellement avec l'image que Pamela avait du pays. Et puis étranges... Elle est partie au bout de deux mois au lieu de six. Genève? Oui, elle a aimé, une ville idéale, selon elle. Puis Zurich. Et puis elle est partie faire du WWOOFing en Suède. Ce terme vous dit quelque chose? Normal, je vous en avais parlé début juillet, quand j'étais à Montréal. Pour mémoire, faire du WWOOFing, c'est travailler dans une ferme biologique contre le logement et la nourriture. A l'époque, j'y avais pensé, mais avais fini par rejeter l'idée parce que je ne pensais pas avoir suffisamment de temps pour passer plusieurs semaines dans une ferme. Or, depuis tout a changé! J'ai tout le temps du monde! J'ai donc demandé à Pamela de m'en dire un peu plus, et ce qu'elle m'a raconté m'a convaincue: j'essaierai. Quand? Oh, pas tout de suite, sûrement pas avant cet été, et je ne sais pas où; mais je vais le faire. Pamela a continué le récit de son voyage en me parlant de l'Estonie, où elle est tombée amoureuse de son hôte couchsurfeur et a fini par rester quatre mois. Ah ça, je peux comprendre! « Couchsurfing is not for dating »: cet avertissement est inscrit sur le site internet du réseau... Laissez-moi rire. A part de voyages, Pamela et moi avons aussi parlé travail, formation et avenir. Sa famille possède plusieurs maisons, et elle a la chance de vivre des rentes que les locataires lui paient; elle n'a donc pas besoin de travailler, et fait du bénévolat, notamment dans les fermes. Malgré tout, elle a une formation...devinez... Eh oui, elle est photographe. Décidément, il en sort de terre à chacun de mes pas! Comme les femmes enceintes lorsqu'on est soi-même enceinte, ou les bras cassé quand on a le bras cassé... Pamela possède une licence en arts visuels, section photo. Mmmhh...extrêmement intéressant, tout ça. Je lui ai demandé en quoi consistaient les cours: histoire de l'art, développement en labo noir et blanc, théorie de la couleur, atelier de portraits, atelier de paysages... Mmh. Tout ça n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde.


Ma première nuit fut catastrophique: le matelas gonflable super sophistiqué sur lequel je dormais avait apparemment un trou, et je me suis réveillée parterre, courbaturée. Le lendemain, c'est donc totalement crevée que j'ai émergé et que j'ai visité la ville, seule, pendant que Pamela vaquait à ses propres occupations. Pour ne pas arranger les choses, le temps était moite et lourd d'une pluie qui ne voulait pas tomber, et je ne suis plus habituée aux climats humides. D'humeur excécrable, j'ai donc vécu un après-midi plutôt pourri et ai hurlé des insultes en français à tous les taxistes qui n'arrêtaient pas de me klaxonner (oui, ça m'arrive partout: une güera, c'est forcément une touriste, et une touriste, ça veut forcément un taxi) ainsi qu'à tous les gens qui me bousculaient à la pharmacie. Bon, je vous rassure: les insultes, c'est dans ma tête que je les ai criées... Je n'avais pas spécialement envie de devoir m'expliquer en castillan avec un officier de police xalapeño. Toujours est-il que la ville ne m'est pas vraiment apparue dans toute sa splendeur...vous m'excuserez de ne pas avoir pris plus de photos, et de meilleure qualité; mais quand ça veut pas, ça veut pas.


Sur la terrasse de la maison.
La vue...

Je comptais initialement rester à Xalapa jusqu'à lundi, et mettre ensuite le cap sur Veracruz, toute proche où, là aussi, je voulais rester chez le même hôte que celui de Kal. Au beau milieu de cet après-midi de merde, j'ai eu subitement envie de voir un ami; Pamela a beau être sympa, Kal est, lui, mon grand frère Coréen, sur qui je pourrai m'appuyer tant que nous serons tous deux au Mexique, et j'avais envie de le voir avant qu'il ne rentre au DF lundi. J'ai donc appelé l'hôte tatoueur pour lui demander si je pouvais venir un jour plus tôt. «Oui oui, pas de problème, tu viens quans tu veux! », m'a-t-il répondu. « Là, je suis en train de tatouer Kal, et il pleurniche comme un gosse, tu veux lui parler? » Et comment! Ses « Ooooh, it huuuurts!! » m'ont bien fait rire, et c'est de meilleure humeur que j'ai raccroché ce jour-là.

Le soir, Pamela et moi sommes allées chercher une Américaine à la centrale d'autobus. Sara, 21 ans, est originaire de New-York, mais étudie en Californie, où elle a appris l'espagnol au contact des nombreux immigrés mexicains. Elle vient de passer quelques mois dans le North Dakota, où elle a travaillé comme superviseuse pour la campagne d'Obama, et elle nous a raconté comment elle était confrontée chaque jour à une population raciste, conservatrice et profondément bornée. J'aurais voulu les voir, il y a trois mois, ces représentants de l'Amérique profonde! Je n'ai pas eu cette chance. Sinon, Sara s'offre une année sabbatique au milieu d'études de lettres. Elle vient de débarquer au Mexique, et caresse le projet d'aller passer six mois à Cuba en compagnie d'un groupe d'artiste. Seul problème: son passeport américain, qui la déclare persona non grata sur le territoire des frères Castro. Pas grave, elle ira clandestinement, s'il le faut! Elle était admirative de mon espagnol et ne comprenait pas la plupart des expressions d'argot que j'en suis venue à maîtriser presque parfaitement. Je me suis alors revue il y a seulement deux mois, lorsque j'étais tout fraîchement débarquée à Chihuahua. "Chido", qui veut dire "cool", et que j'utilise toutes les deux phrases, c'est Koko qui me l'a appris; "No mames!", qui veut dire quelque chose comme "sans déconner!", c'est dans une conversation avec Ulises que je l'ai noté pour la première fois. Et maintenant, c'est de moi que Sara a appris ces mots! Quel chemin parcouru en si peu de temps... Quoi qu'il en soit, Sara est une personne très lumineuse, un peu étrange, que j'aurais aimé connaître mieux; mais je n'avais pas envie de m'attarder.

Quand elle est arrivée, Sara s'est immédiatement exclamée qu'elle adorait la maison, le jardin, tout, et qu'elle voulait passer sa vie à Rancho Viejo. J'ai réalisé que ça n'était pas mon cas. Certes, la maison est super, le terrain aussi...mais je n'ai rien ressenti. Allez savoir pourquoi! Tout ce que je sais, c'est que je dois m'écouter; je suis donc partie plus tôt que prévu, et me voici à Veracruz, sur la côte atlantique, dans la moiteur d'un climat tropical. Kal est juste devant moi, en train de mordre un t-shirt couvert de bave et de hurler de douleur: le spectacle valait bien la peine que je me bouge. La suite bientôt!



vendredi 5 décembre 2008

Un premier aperçu de la Capitale

Je vous avais pondu tout un récit détaillé sur mes aventures à Mexico, mais en le relisant je l'ai trouvé médiocre. Mes textes ont perdu en qualité ces derniers temps, je ne sais pas pourquoi; quoi qu'il en soit, je préfère ne rien poster que de poster de la merde. Je vous fait quand même un petit topo, histoire que vous situiez un minimum, et j'ai gardé la partie que j'avais écrite sur un concert auquel j'ai assisté, parce que je n 'en suis pas trop mécontente.

Je suis donc arrivée il y a quelques jours à México City, ou Ciudad de México pour les hispanophones, et à laquelle les Mexicains font quant à eux tous référence sous l'appellation "DF", abréviation de Distrito Federal. Ici, je suis restée chez Paco et Arturo, deux potes de respectivement 37 et 30 ans, qui vivent ensemble depuis l'échec de leurs relations amoureuses respectives. Leur appart est immense et magnifique, le luxe total pour moi; malheureusement, ils travaillent tous deux toute la journée, c'est pourquoi je le les voyais que le soir. Du coup, ils ont insisté pour payer la note à chaque fois qu'ils m'ont emmenée au resto, "pour compenser notre absence". Une autre facette du couchsurfing, définitivement! Agréable, et ils sont très sympas; mais bon, j'ai eu du mal à ne pas m'emmerder, seule dans la ville, et durant les longues heures quotidiennes de bus et de métro.

Cette ville, parlons-en! Je ne l'ai pas encore beaucoup visitée, et je vais revenir pour voir tout ce que j'ai manqué, mais ce que je peux pour l'instant en dire, c'est: ma foi oui, c'est une grande ville, quoi. On m'avait dit: "Tu verras, les chilangos (surnom mi-affectueux, mi-méprisant des habitants de la ville) ont un accent totalement différent du nôtre": euh...vraiment? Je n'ai pas remarqué. On m'avait dit: "Tu vas adoreeeeeer!": ben non. On m'avait dit: "C'est opressant!": pas plus que dans n'importe quelle autre grande ville. On m'avait dit: "L'air est irrespirable et il pique les yeux": je n'ai rien remarqué de tel. On m'avait dit: "Le musée d'anthropologie est fantastique": ma foi...oui, bon, c'est un musée, en somme.


Le deuxième soir, Paco m'a emmenée au concert de Noël donné par l'un des orchestres de l'université de México, pour laquelle il travaille. L'un des orchestres? Comment ça, il y en a plusieurs? Ben oui. C'est que voyez-vous, l'Universidad Autonoma de México est grande, très grande: rien que le campus principal compte 250'000 étudiants. La taille de la ville de Genève, non? Nous sommes allés nous perdre dans le labyrinthe de la cité universitaire – qui, au passage, possède 13 lignes de sa propre compagnie de bus -, avons manqué shooter des dizaines de djeun's (oui, je peux me permettre de mépriser les étudiants depuis que je n'en fais plus partie!) et sommes arrivés à un complexe culturel assez impressionnant, composé d'un cinéma, d'une salle de concert et d'un musée d'art contemporain. Une fois dans le hall de la salle de concert, j'ai pu constater que les gens en jeans, basket et t-shirt clamant « music is life » étaient très peu nombreux, et que dominaient plutôt les escarpins et les costumes sombres des membres de la direction de l'université. Qu'importe, la musique c'est la vie, et elle est pour tout le monde, y compris et surtout pour les voyageuses crassepouilles, et quand on a un billet gratuit, on ne crache pas dessus. Le programme du concert était très varié, mais avec évidemment un thème commun: Noël. On a eu droit à plusieurs grands classiques américains, à « Casse-Noisette », à des classiques mexicains un peu trop allègres à mon goût et, o surprise, au « Cantique de Noël » d'Adolphe Adam, à « O Tannenbaum » en v.o., et avec un accent tout à fait passable. Là c'est bon, l'esprit de Noël m'a finalement rattrapée, malgré la chaleur qui règne durant la journée!

El Templo Mayor. Avant l'arrivée de Cortés, México s'appelait México-Tenochtitlán et était la capitale de l'empire mexica (prononcer à peu près "mechica"). Le templo mayor était le lieu le plus sacré de la ville. Evidemment, vous pensez bien que ces cons de conquistadores ont tout démoli! On peut visiter les ruines du temple, qui se trouvent juste à côté de la cathédrale et forment avec celle-ci un contraste assez saisissant. Sur cette photo, on voit les différentes strates: chaque empereur ajoutait une couche au temple, qui subissait chaque année des inondations majeures. La dernière couche a été ajoutée aux alentours de 1500, une vingtaine d'années avant que Cortés ne foute tout en l'air.

Emilie Clepper, dans sa chanson "Strangers to Misery", dit: "I can hear a voice calling from a faraway land, I can feel a nation crumbling from a (je pige pas le mot) about to fall, I can see the wind blowing on the ruins of Tenochtitlán. Mexico, Mexico, you were once support to beauty, Mexico, Mexico, but you myth remains through the eyes of your sons and daughters." Eh ben je dois admettre que moi, je n'ai rien senti du tout. Des vieilles pierres, et les Conquistadores sont des enculés, mais à part ça...mouais...y avait même pas de vent sur les ruines, d'abord.

Au loin, la cathédrale.

La poubelle n'est pas d'époque, mais je l'ai trouvée belle.


Très christique, n'est-ce pas? C'est le couvercle de la poubelle.


Il y a un musée adjacent aux ruines. A propos, j'ai un difficile aveu à vous faire. Je profite de ce blog pour publiquement admettre que je...je...je n'aime pas les musées. Voilà, c'est dit. Je sais, c'est une honte, mais je m'y emmerde. Je n'aime pas lire les explications. Je ne suis pas foutue de retenir quoi que ce soit. Et sans mon appareil photo, je crois que je serais morte plusieurs fois d'ennui dans les musées depuis le début de ce voyage.




C'est bientôt Noël, mais j'ai du mal à m'en rendre compte, étant donné que je continue à me balader en t-shirt. Les décorations kitsch qui fleurissent un peu partout m'aident cependant à m'en souvenir... L'influence des Etats-Unis se fait sentir: c'est encore plus laid que chez nous.

Sur le Zócalo, LA place centrale de México. Le Zócalo, c'est là où tout se passe: on y trouve le Palacio National, où siège le Président, d'autres machins administratifs, et la Cathédrale; et juste derrière la cathédrale, les ruines du Templo Mayor.

Une vue de la cathédrale, avec le moche sapin de Noël qui trône, par 25 degrés.

Et dans cette chaleur, ils ont trouvé le moyen d'installer des rampes avec de la neige artificielle...
Au Palacio nacional.

J'y suis allée exprès pour voir les fameuses peintures murales de Diego Rivera...et j'ai découvert que non, je n'aime pas la peinture de Diego Rivera. Tant mieux, remarquez, je m'épargne ainsi la visite des dizaines d'autres lieux où il a peint.
Pour entrer au Palacio, il faut montrer patte blanche et faire passer les sacs dans une machine à rayons X. Je suppose que les objets ci-dessous ont été confisqués...
Dans le métro. 2 pesos (20ct) par course: c'est le métro le moins cher du monde, mais gare aux pickpockets.

Sur certains trajets, on peut voir des publicités défiler sur les murs: avec la vitesse du métro, les images s'assemblent pour faire un effet cinéma."Enceinte? Au DF, tu as les 12 premières semaines pour te décider. Ce n'est plus clandestin. La looi est de ton côté." L'avortement a été récemment légalisé dans la capitale, mais reste interdit dans la pplupart des états de la République.

Depuis le bus: à chaque arrêt son symbole. J'ai augmenté le contraste de ces photos.


A la place nommée "Insurgentes". J'adore les cireurs de chaussure.

Laquelle des trois préférez-vous?



Sur le paseo Reforma, proche du musée d'éthnographie.


Au musée. Je n'ai pas pris la peine de lire toutes les explications...à vrai dire, je n'en ai lu quasiment aucune. Il y a tellement de données, tellement de cultures distinctes au Mexique!
Laquelle ds deux photos préférez-vous?
Regardez attentivement...vous ne remarquez rien de marrant?



"Vial", en espagnol, c'est l'adjectif qui va avec "vía", la voie; concrètement, cela fait généralement référence à la voirie, au service public des routes. Je m'amuse à traquer mon nom de famille partout!


Demain vendredi, je pars pour Xalapa, à l'est de México. Ensuite Veracruz, puis je reviendrai dans la capitale le 11.

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Genève, Genève, Switzerland